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Nvidia amorce le rachat d'ARM Holdings auprès de Softbank pour 40 milliards de dollars.
L'opération devrait s'achever d'ici mars 2022, sous réserve de l'approbation des autorités réglementaires

Le , par Stéphane le calme

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Après en avoir fait l'acquisition en 2016 pour un peu plus de 29 milliards d’euros, le groupe japonais SoftBank a accepté de se séparer d’ARM Ltd., l’un des plus grands fabricants de microprocesseurs d'architecture 32 bits et d'architecture 64 bits de type RISC dans le monde.

La raison de cette acquisition ? Le marché des smartphones et l’internet des objets. Il faut rappeler que ses microprocesseurs sont utilisés sur de très nombreux modèles de smartphones et tablettes (95 % des smartphones d’après certains baromètres), sans compter que les perspectives de croissance d’ARM sur ce secteur sont très intéressantes : le Britannique, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 1,5 milliard de dollars durant son année fiscale 2015, a indiqué une forte demande de sa technologie (avec 50 % des smartphones qui se servent d’un processeur ARMv8-A et 40 % des smartphones qui ont un Mali GPU).

Mais c'était sans compter sur les mauvais paris de SoftBank : la holding japonaise a proposé un plan de relance pour WeWork, une enseigne d'espaces de co-travail. En octobre 2019, SoftBank Group a proposé d'avancer 5 milliards de dollars (4,5 milliards d’euros) pour maintenir WeWork à flot dans le cadre d’une opération qui ferait du conglomérat technologique japonais l’actionnaire majoritaire de l’entreprise américaine de location de bureaux en partage. Il a également investi dans 29 licornes (startups avec une valorisation d'un milliard de dollars ou plus) parmi lesquels Uber. Ce sont des investissements qui ont plombé SoftBank au grand regret de Masayoshi Son, PDG de SoftBank. Couplé à l'impact dévastateur du coronavirus sur l'économie mondiale, le groupe a décidé de vendre ARM pour lever des fonds.


Lundi 14 septembre, SoftBank a accepté de vendre Arm Holdings à la société américaine de puces Nvidia pour 40 milliards de dollars au maximum (33,7 milliards d’euros), mettant fin à quatre ans de propriété. Cette acquisition devrait être finalisée d’ici à mars 2022, sous réserve de l’approbation de nombreuses autorités réglementaires dans le monde entier. Nvidia va payer plus de la moitié (21,5 milliards de dollars, soit 17,7 milliards d’euros) avec ses propres actions.

Le prix de 40 milliards de dollars est un montant maximal, car le versement d’une tranche de 5 milliards de dollars (4,2 milliards d’euros), payable soit en numéraire soit en actions Nvidia, sera conditionné « à l’atteinte par Arm d’objectifs spécifiques de performance financière », a précisé le groupe américain. SoftBank Group devrait conserver entre 6,7 % et 8,1 % du capital de Nvidia à l’issue de l’opération.

La vente place un fournisseur essentiel d'Apple Inc et d'autres entreprises du secteur sous le contrôle d'un seul acteur et fera face à une potentielle opposition de la part des régulateurs et des concurrents de Nvidia, la plus grande entreprise américaine de puces par sa capitalisation boursière. L'acquisition, soumise à des autorisations réglementaires, notamment en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en Chine, sera probablement examinée de près en Chine, où des milliers d'entreprises, de Huawei aux petites start-ups, utilisent la technologie Arm.

Nvidia est le plus grand fabricant de processeurs graphiques et étend l'utilisation de la composante de jeu dans de nouveaux domaines tels que le traitement de l'intelligence artificielle dans les centres de données et les voitures autonomes. Le mariage de ses propres capacités avec des unités centrales de traitement conçues par Arm pourrait lui permettre de rattraper voire prendre de l'avance sur Intel et Advanced Micro Devices, selon Hans Mosesmann, analyste chez Rosenblatt Securities. Ce dernier estimait d'ailleurs que Nvidia devrait payer environ 55 milliards de dollars pour faire l'acquisition d'Arm.

« Vous devez contrôler à la fois les feuilles de route CPU et GPU et cela inclut bien sûr les centres de données », a-t-il écrit dans une note, faisant référence aux unités centrales de traitement et aux unités de traitement graphique. « Stratégiquement, Nvidia a besoin d'un processeur évolutif qui peut être intégré dans sa feuille de route GPU, comme c'est le cas avec AMD et Intel. »

La valeur des actions de Nvidia a été multipliée par plus de vingt au cours des cinq dernières années, donnant à l'entreprise plus de puissance de feu pour conclure de grosses transactions. La valeur marchande de Nvidia a augmenté à plus de 260 milliards de dollars au cours de cette période, dépassant Intel. La société a étendu sa domination sur les puces graphiques utilisées par les joueurs à de nouveaux domaines tels que le traitement de l'intelligence artificielle dans les centres de données. Elle a également pris pied dans le marché naissant des systèmes qui permettent de faire fonctionner les voitures autonomes.

La technologie Arm, développée à Cambridge (en Angleterre) sous-tend les puces qui sont essentielles à la plupart des appareils électroniques modernes, y compris celles qui dominent le marché des smartphones, un domaine dans lequel Nvidia n'a pas réussi à s'implanter. Des clients, notamment Apple Inc., Qualcomm Inc., Advanced Micro Devices Inc. et Intel Corp., pourraient exiger l’assurance qu’un nouveau propriétaire continuerait de fournir un accès égal au jeu d’instructions d'Arm. Ce sont ces préoccupations qui ont permis à SoftBank, une société neutre, d'acheter Arm la dernière fois qu'elle était en vente sans qu'il n'y ait de vives réactions.

Source : AFP

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 24/08/2021 à 13:10
Proposition d'acquisition d'Arm par Nvidia : l'Autorité de la concurrence britannique demande une enquête approfondie,
car cette fusion pourrait donner à Nvidia la capacité de nuire à ses concurrents

NVIDIA Corporation et SoftBank Group ont annoncé un accord en septembre dernier selon lequel NVIDIA va acquérir Arm Holdings auprès de SoftBank dans une transaction évaluée à environ 40 milliards de dollars. Le Royaume-Uni a réagi aux inquiétudes que suscite cette vente du concepteur de puces à la grande enseigne américaine des GPU. En avril, le secrétaire d'État britannique au numérique a publié un « avis d'intervention d'intérêt public » sur la vente d'Arm, en invoquant les implications en matière de sécurité nationale. Vendredi, l'Autorité de la concurrence et des marchés britanniques a estimé qu'une enquête plus approfondie sur la fusion prévue est justifiée.

Nvidia est le plus grand fabricant de processeurs graphiques et étend l'utilisation de la composante de jeu dans de nouveaux domaines tels que le traitement de l'intelligence artificielle dans les centres de données et les voitures autonomes. Le mariage de ses propres capacités avec des unités centrales de traitement conçues par Arm pourrait lui permettre de rattraper voire prendre de l'avance sur Intel et Advanced Micro Devices, selon Hans Mosesmann, analyste chez Rosenblatt Securities.

Toutefois, pour le cofondateur d'ARM, Hermann Hauser, ce serait un désastre si le rival américain NVIDIA parvenait à acheter la société britannique qu'il a aidé à construire.

Le même mois de l'annonce, Hauser a publié une lettre ouverte adressée au Premier ministre britannique Boris Johnson, et a mis une pétition en ligne appelant à l’aide pour « Sauver ARM ». Dans un deuxième point évoqué pour s’opposer au rachat de la société, Hauser a dit que NVIDIA « détruirait » le modèle économique d'ARM, qui implique l'octroi de licences pour la conception de puces à environ 500 autres entreprises, dont plusieurs sont en concurrence directe avec l’acquéreur, a-t-il déclaré, ajoutant que le nouvel accord créera un monopole.

Hermann Hauser a rappelé dans sa pétition des précédents rachats de sociétés britanniques par des entreprises américaines, par exemple, Cadbury acheté par Kraft. Un autre des exemples de rachats les plus remarquables de ces dernières années est le laboratoire d'intelligence artificielle londonien DeepMind, qui a été racheté par Google pour un peu plus de 600 millions de dollars. Aujourd'hui, DeepMind est largement considéré comme l'un des leaders mondiaux de la recherche en IA.

Il a aussi rappelé la domination d’ARM dans le secteur des smartphones. La pétition de M. Hauser met également en garde contre les GAFAM, la bataille USA/Chine, l’usage martial que fait le Président américain de la dominance technologique des USA. « ARM est la seule entreprise technologique britannique restante, avec une position dominante dans le domaine des microprocesseurs pour téléphones portables. Elle détient une part de marché de plus de 95 %. Le Royaume-Uni a souffert de la domination technologique américaine par des sociétés comme Google, Facebook, Amazon, Netflix, Apple et d'autres », a-t-il écrit.

« Comme le président américain a militarisé la domination technologique dans sa guerre commerciale avec la Chine, le Royaume-Uni deviendra un dommage collatéral à moins qu'il ne dispose de ses propres armes commerciales pour négocier. ARM équipe les smartphones d'Apple, Samsung, Sony, Huawei et pratiquement toutes les autres marques du monde et peut donc exercer une influence sur chacun d'entre eux ».

Hauser a touché aussi à la question de la "neutralité" d’ARM. « Pouvoir vendre à tout le monde est l'une des doctrines fondamentales du modèle commercial d'ARM », a-t-il expliqué à la BBC avant d'évoquer le cas de l'actuel propriétaire d'ARM, le japonais Softbank. « L'avantage de Softbank est qu'il ne s'agit pas d'une entreprise de fabrication de puces, et qu'elle reste neutre vis-à-vis d'ARM ».

« Si ARM devient une entreprise américaine, elle tombe sous le coup de la réglementation du CFIUS (Committee on Foreign Investment in the United States) », a-t-il déclaré. « Si des centaines d'entreprises britanniques qui incorporent des puces ARM dans leurs produits veulent les vendre ou les exporter partout dans le monde, y compris en Chine, qui est un marché important, la décision de savoir si elles sont autorisées à les exporter sera prise à la Maison-Blanche et non à Downing Street », a-t-il déclaré à la BBC. « Je pense que c'est terrible ».


Intervention du Royaume-Uni

En avril, le gouvernement britannique a décidé d'intervenir pour des raisons de sécurité nationale. Le secrétaire d'État au numérique, Oliver Dowden, a « publié un avis d'intervention d'intérêt public (PIIN) concernant le projet de vente d'Arm à NVIDIA ». Il a écrit à l'Autorité de la concurrence et des marchés pour l'informer de sa décision et lui a demandé d'entamer une enquête de « phase 1 » pour évaluer la transaction.

« La CMA (CMA, pour « Competition and Markets Authority », NDLR) va maintenant préparer un rapport contenant des conseils sur les questions de compétence et de concurrence », a annoncé le gouvernement. « Le rapport comprendra également un résumé de toutes les représentations qu'elle recevra sur les questions potentielles de sécurité nationale découlant d'une consultation qu'elle lancera pour recueillir les opinions de tiers », a déclaré le gouvernement. « Parallèlement au processus de la CMA, le gouvernement examinera les intérêts publics en matière de sécurité nationale ».

Dans son communiqué de presse, le gouvernement britannique note qu'Arm est un acteur clé du marché mondial des semi-conducteurs. Les semi-conducteurs sont essentiels aux technologies actuelles et futures, de l'intelligence artificielle à la 5G en passant par l'informatique quantique. Les semi-conducteurs sont également à la base de l'infrastructure nationale critique du Royaume-Uni et sont présents dans les technologies liées à la défense et à la sécurité nationale.

« Il est approprié que nous considérions correctement les implications en matière de sécurité nationale d'une transaction comme celle-ci », a-t-il déclaré. Le gouvernement britannique a le pouvoir de mettre fin à l'opération, car le ministre du numérique dispose de pouvoirs « quasi judiciaires » en vertu de la loi sur les entreprises de 2002 pour intervenir dans certaines fusions pour des raisons d'intérêt public.

L'Autorité de la concurrence et des marchés estime qu'une enquête plus approfondie est justifiée

Dans son rapport remis au secrétaire d'Etat au numérique, à la culture, aux médias et aux sports, l'autorité de la concurrence et des marchés prévient que cette fusion pourrait donner à l'entreprise la capacité et l'intention de nuire à la compétitivité des concurrents de Nvidia, en restreignant leur accès à la propriété intellectuelle d'Arm.

Pour le moment, la propriété intellectuelle d'Arm est utilisée par des entreprises pour produire des puces à semi-conducteurs et des produits connexes qui rivalisent avec les produits fabriqués par Nvidia. Parmi ces entreprises figurent entre autres Intel, Qualcomm, AMD et Xilinx, qui a récemment exprimé son indignation à propos de l'accord.

La CMA note que si la fusion proposée devait se réaliser, elle entraînerait « un verrouillage de l'approvisionnement en CPU, produits d'interconnexion, GPU et SoC sur plusieurs marchés mondiaux, notamment les applications des centres de données, de l'internet des objets, de l'automobile et des consoles de jeux ».

En outre, selon le rapport, alors que Nvidia proposait un ensemble de « recours comportementaux » pour répondre aux préoccupations de la CMA, l'autorité de la concurrence a estimé que les suggestions n'entraîneraient que « des risques considérables de spécification, de contournement, de surveillance et d'application », et n'atténueraient aucun des ses préoccupations.

« Nous craignons que Nvidia contrôlant Arm ne crée de réels problèmes pour les concurrents de Nvidia en limitant leur accès aux technologies clés et, en fin de compte, en étouffant l'innovation sur un certain nombre de marchés importants et en croissance. Cela pourrait finir par priver les consommateurs de nouveaux produits, ou de voir les prix augmenter », a déclaré Andrea Coscelli, patron de la CMA.

« L'industrie de la technologie des puces vaut des milliards et est vitale pour les produits sur lesquels les entreprises et les consommateurs comptent chaque jour. Cela comprend le traitement des données critiques et la technologie des centres de données qui soutiennent les entreprises numériques dans l'ensemble de l'économie, et le développement futur des technologies d'intelligence artificielle qui seront important pour les industries en croissance comme la robotique et les voitures autonomes. »

Désormais, Dowden a la possibilité d'autoriser l'opération, d'imposer des conditions pour régler les problèmes constatés ou d'ordonner une enquête de « phase 2 », qui permettrait d'examiner l'opération de manière plus approfondie. Le secrétaire d'État au numérique a le pouvoir d'ordonner une enquête de ce type pour toute opération impliquant le rachat d'une entreprise dont le chiffre d'affaires annuel est supérieur à 1 million de livres sterling, lorsque l'intérêt public est en jeu.

Outre les questions de sécurité nationale et d'antitrust, des inquiétudes auraient été exprimées quant à la possibilité que le siège d'Arm soit déplacé de Cambridge par la société américaine. Toutefois, le PDG de NVIDIA, Jensen Huang, a déclaré que son intention était d'étendre cette base, de conserver la propriété intellectuelle d'Arm enregistrée dans le pays et de conserver son nom actuel.

La pénurie mondiale actuelle de puces a également mis en évidence l'importance des semi-conducteurs dans le monde d'aujourd'hui. Ils sont utilisés dans tout, des smartphones aux voitures en passant par les avions de chasse et autres systèmes d'armes. Par conséquent, les nations souhaitent devenir plus autonomes en matière de production de puces.

Source : Rapport du CMA
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Avatar de Stan Adkens
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 20/04/2021 à 12:38
Proposition d'acquisition d'Arm par NVIDIA : le gouvernement britannique intervient en invoquant la sécurité nationale,
Une enquête évaluera les considérations spécifiques relatives à la concurrence

NVIDIA Corporation et SoftBank Group ont annoncé un accord en septembre dernier selon lequel NVIDIA va acquérir Arm Holdings auprès de SoftBank dans une transaction évaluée à environ 40 milliards de dollars. Le Royaume-Uni a réagi aux inquiétudes que suscite cette vente du concepteur de puces au géant américain des GPU. Le secrétaire d'État britannique au numérique a publié un "avis d'intervention d'intérêt public" sur la vente d'Arm, en invoquant les implications en matière de sécurité nationale. Il a également écrit à l'Autorité de la concurrence et des marchés (CMA) pour l'informer de sa décision et lui a demandé d'entamer une enquête pour évaluer la transaction.

En septembre 2020, après des mois de rumeurs, il a été confirmé que la société Arm, basée à Cambridge, dont les conceptions alimentent 95 % des smartphones dans le monde, allait être vendue à NVIDIA pour la somme équivalente à 28,5 milliards de livres sterling. L'acquisition a été très controversée à l'époque, Tudor Brown ainsi que Hermann Hauser, tous les deux cofondateurs d'Arm s'y sont opposés. Tous deux ont déclaré que la société ne devait pas être vendue à une entreprise de semi-conducteurs, mais devait rester un fournisseur neutre de l'industrie.


Le concepteur de puces et propriété de la SoftBank japonaise a dit à l’époque qu'il créerait « la première entreprise informatique du monde ». Cependant, Hermann Hauser a déclaré que ce serait un désastre si le rival américain NVIDIA achetait la société britannique qu'il a aidé à construire. Hauser a dit : « Je pense que c'est un désastre absolu pour Cambridge, le Royaume-Uni et l'Europe ».

Selon les termes de la transaction, qui a été approuvée par les conseils d'administration de NVIDIA, SoftBank et Arm, à la clôture, NVIDIA paiera à SoftBank un montant total de 12 milliards de dollars en espèces et 21,5 milliards de dollars en actions NVIDIA. De plus, SoftBank pourra recevoir jusqu'à 5 milliards de dollars sous réserve de la réalisation d'objectifs financiers spécifiques à Arm. NVIDIA émettra également 1,5 milliard de dollars en actions aux employés d'Arm.

La vente est intervenue après que SoftBank ait acquis Arm pour 32 milliards de dollars en 2016, ce qui avait également suscité des inquiétudes politiques au Royaume-Uni à l'époque, les politiciens exhortant le gouvernement à intervenir pour s'assurer qu'Arm conserve son siège social à Cambridge. En janvier 2021, le régulateur britannique de la concurrence (CMA) a confirmé qu'il allait enquêter sur l'acquisition d'Arm Holdings par NVIDIA.

En plus de cette enquête de la CMA britannique, le projet de SoftBank de vendre Arm à NVIDIA se heurte à d’autres enquêtes antitrust dans le monde entier. La Commission européenne et la Commission fédérale du commerce (FTC) des États-Unis ont également lancé leurs propres enquêtes sur cette affaire. L'administration d'État de la Chine chargée de la réglementation du marché enquêterait également sur l'accord proposé.

Arm ne conçoit pas de puces pour l’instant ; il fournit des conceptions à d'autres fabricants de puces, dont Qualcomm, Apple et Samsung. En février de cette année, il a été signalé que le projet d'acquisition d'Arm par NVIDIA se heurtait également à l'opposition de certains géants de la technologie tels qu'Alphabet, Microsoft et Qualcomm. Google, Microsoft et Qualcomm fabriquent tous leurs propres processeurs et dépendent des puces Arm.

Intervention du Royaume-Uni, invoquant des préoccupations liées à la sécurité nationale

Lundi, le gouvernement britannique a également décidé d'intervenir pour des raisons de sécurité nationale. Le secrétaire d'État au numérique, Oliver Dowden, a « publié un avis d'intervention d'intérêt public (PIIN) concernant le projet de vente d'Arm à NVIDIA ». Il a écrit à l'Autorité de la concurrence et des marchés pour l'informer de sa décision et lui a demandé d'entamer une enquête de "phase 1" pour évaluer la transaction.

« La CMA va maintenant préparer un rapport contenant des conseils sur les questions de compétence et de concurrence », a annoncé le gouvernement. « Le rapport comprendra également un résumé de toutes les représentations qu'elle recevra sur les questions potentielles de sécurité nationale découlant d'une consultation qu'elle lancera pour recueillir les opinions de tiers », a déclaré le gouvernement. « Parallèlement au processus de la CMA, le gouvernement examinera les intérêts publics en matière de sécurité nationale ».

Dans son communiqué de presse, le gouvernement britannique note qu'Arm est un acteur clé du marché mondial des semi-conducteurs. Les semi-conducteurs sont essentiels aux technologies actuelles et futures, de l'intelligence artificielle à la 5G en passant par l'informatique quantique. Les semi-conducteurs sont également à la base de l'infrastructure nationale critique du Royaume-Uni et sont présents dans les technologies liées à la défense et à la sécurité nationale.


« Il est approprié que nous considérions correctement les implications en matière de sécurité nationale d'une transaction comme celle-ci », a-t-il déclaré. Le gouvernement britannique a le pouvoir de mettre fin à l'opération, car le ministre du numérique dispose de pouvoirs "quasi judiciaires" en vertu de la loi sur les entreprises de 2002 pour intervenir dans certaines fusions pour des raisons d'intérêt public.

« Après avoir examiné attentivement le projet de rachat d'Arm, j'ai émis aujourd'hui un avis d'intervention pour des raisons de sécurité nationale.

« Comme prochaine étape et pour m'aider à recueillir les informations pertinentes, l'autorité indépendante de la concurrence du Royaume-Uni va maintenant préparer un rapport sur les implications de la transaction, qui contribuera à éclairer toute décision ultérieure.

« Nous voulons soutenir notre industrie technologique britannique florissante et accueillir les investissements étrangers, mais il convient d'examiner correctement les implications d'une telle transaction en matière de sécurité nationale », lit-on dans le communiqué du gouvernement.

La CMA a jusqu'à minuit le 30 juillet 2021 pour compléter et soumettre ce rapport au secrétaire d'État au numérique. Une fois que la CMA aura présenté son rapport, Dowden aura la possibilité d'autoriser l'opération, d'imposer des conditions pour régler les problèmes constatés ou d'ordonner une enquête de "phase 2", qui permettrait d'examiner l'opération de manière plus approfondie. Le secrétaire d'État au numérique a le pouvoir d'ordonner une enquête de ce type pour toute opération impliquant le rachat d'une entreprise dont le chiffre d'affaires annuel est supérieur à 1 million de livres sterling, lorsque l'intérêt public est en jeu.

Les détracteurs de l'argument de la sécurité nationale feront remarquer qu'Arm est déjà détenu par une entreprise japonaise Softbank et que toute préoccupation en matière de sécurité nationale aurait dû être examinée en 2016 lors de la vente initiale d'Arm. NVIDIA est bien sûr une entreprise américaine – un pays qui est l'un des alliés les plus proches du Royaume-Uni.

Un porte-parole de NVIDIA a déclaré : « Nous ne pensons pas que cette transaction pose des problèmes matériels de sécurité nationale. Nous continuerons à travailler en étroite collaboration avec les autorités britanniques, comme nous l'avons fait depuis l'annonce de cette transaction ».

Outre les questions de sécurité nationale et d'antitrust, des inquiétudes auraient été exprimées quant à la possibilité que le siège d'Arm soit déplacé de Cambridge par la société américaine. Toutefois, le PDG de NVIDIA, Jensen Huang, a déclaré que son intention était d'étendre cette base, de conserver la propriété intellectuelle d'Arm enregistrée dans le pays et de conserver son nom actuel.

La pénurie mondiale actuelle de puces a également mis en évidence l'importance des semi-conducteurs dans le monde d'aujourd'hui. Ils sont utilisés dans tout, des smartphones aux voitures en passant par les avions de chasse et autres systèmes d'armes. Par conséquent, les nations souhaitent devenir plus autonomes en matière de production de puces.

Sources : Avis d'intervention d'intérêt public, Communiqué du gouvernement

Et vous ?

Que pensez-vous de cette intervention du gouvernement britannique dans la vente d’Arm ?
Quels commentaires faites-vous de l’argument de "sécurité nationale" ?
Quelles nouvelles conditions le rapport de la CMA pourrait apporter dans la vente d’Arm, selon vous ?

Voir aussi :

« Il faut sauver ARM » : le cofondateur de l'entreprise refuse le rachat par NVIDIA, ce serait un "désastre" pour l'industrie
Le projet de SoftBank de vendre Arm à NVIDIA se heurte au mur antitrust dans le monde entier, le fabricant de puces américain étant en concurrence directe avec des clients d'Arm
NVIDIA amorce le rachat d'Arm Holdings auprès de Softbank pour 40 milliards de dollars. L'opération devrait s'achever d'ici mars 2022, sous réserve de l'approbation des autorités réglementaires
NVIDIA va concevoir des processeurs haute performance basés sur la technologie Arm, s'attaquant ainsi à Intel avec une nouvelle technologie destinée à l'IA avancée
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Avatar de melka one
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 15/09/2020 à 23:01
jour

a chaque fois que je vois des phrases ressemblant a çà

aidera à résoudre les problèmes les plus urgents du monde, du changement climatique aux soins de santé, de l'agriculture à l'éducation
et bien c'est toujours a ce moment que je me dit qu'il y a de quoi s’inquiéter.
13  1 
Avatar de Fagus
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 16/09/2020 à 14:29
On peut faire confiance aux USA pour bien s'occuper des intérêts britanniques

En France, Macron nous a expliqué que les intérêts étrangers étaient sans aucun doute de préserver les intérêts de la France, lorsqu'il fit vendre Alstom-Energie ou Alcaltel-Lucent, ou l'aéroport de Toulouse ; ça ne peut être que vrai.
8  0 
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 06/12/2021 à 11:24
La FTC poursuit Nvidia pour bloquer le rachat d'Arm de 40 Mds de dollars
dans l'optique de protéger son statut de « Suisse » des semi-conducteurs

L'acquisition d'Arm par Nvidia pour 40 milliards de dollars vient de se heurter à un autre obstacle de taille : la Federal Trade Commission, qui a annoncé qu'elle intente une action en justice pour empêcher la fusion de se réaliser, craignant que les sociétés combinées n'étouffent les technologies concurrentes de nouvelle génération. La poursuite intervient après une enquête de la FTC sur l'accord à la suite de plaintes de Google, Microsoft et Qualcomm peu de temps après l'annonce de la fusion. La FTC craint que Nvidia n'ait accès aux informations sensibles des titulaires de licence Arm qui sont déjà en concurrence avec Nvidia, en plus de décourager Arm de travailler sur de nouveaux produits et conceptions qui seraient en conflit avec les propres intérêts de Nvidia en profitant aux concurrents.

Nvidia est le plus grand fabricant de processeurs graphiques et étend l'utilisation de la composante de jeu dans de nouveaux domaines tels que le traitement de l'intelligence artificielle dans les centres de données et les voitures autonomes. Le mariage de ses propres capacités avec des unités centrales de traitement conçues par Arm pourrait lui permettre de rattraper voire prendre de l'avance sur Intel et Advanced Micro Devices, selon Hans Mosesmann, analyste chez Rosenblatt Securities.

En avril, le gouvernement britannique a décidé d'intervenir pour des raisons de sécurité nationale. Le secrétaire d'État au Numérique, Oliver Dowden, a « publié un avis d'intervention d'intérêt public (PIIN) concernant le projet de vente d'Arm à NVIDIA ». Il a écrit à l'Autorité de la concurrence et des marchés pour l'informer de sa décision et lui a demandé d'entamer une enquête de phase 1 pour évaluer la transaction.

« La CMA (CMA, pour "Competition and Markets Authority", NDLR) va maintenant préparer un rapport contenant des conseils sur les questions de compétence et de concurrence », a annoncé le gouvernement. « Le rapport comprendra également un résumé de toutes les représentations qu'elle recevra sur les questions potentielles de sécurité nationale découlant d'une consultation qu'elle lancera pour recueillir les opinions de tiers », a déclaré le gouvernement. « Parallèlement au processus de la CMA, le gouvernement examinera les intérêts publics en matière de sécurité nationale ».

Dans son communiqué de presse, le gouvernement britannique note qu'Arm est un acteur clef du marché mondial des semi-conducteurs. Les semi-conducteurs sont essentiels aux technologies actuelles et futures, de l'intelligence artificielle à la 5G en passant par l'informatique quantique. Les semi-conducteurs sont également à la base de l'infrastructure nationale critique du Royaume-Uni et sont présents dans les technologies liées à la défense et à la sécurité nationale.

« Il est approprié que nous considérions correctement les implications en matière de sécurité nationale d'une transaction comme celle-ci », a-t-il déclaré. Le gouvernement britannique a le pouvoir de mettre fin à l'opération, car le ministre du numérique dispose de pouvoirs quasi judiciaires en vertu de la loi sur les entreprises de 2002 pour intervenir dans certaines fusions pour des raisons d'intérêt public.

Dans son rapport remis au secrétaire d'État au numérique, à la culture, aux médias et aux sports, l'autorité de la concurrence et des marchés prévient que cette fusion pourrait donner à l'entreprise la capacité et l'intention de nuire à la compétitivité des concurrents de Nvidia, en restreignant leur accès à la propriété intellectuelle d'Arm.

En outre, selon le rapport, alors que Nvidia proposait un ensemble de recours comportementaux pour répondre aux préoccupations de la CMA, l'autorité de la concurrence a estimé que les suggestions n'entraîneraient que « des risques considérables de spécification, de contournement, de surveillance et d'application », et n'atténueraient aucune de ses préoccupations.

« Nous craignons que Nvidia contrôlant Arm ne crée de réels problèmes pour les concurrents de Nvidia en limitant leur accès aux technologies clefs et, en fin de compte, en étouffant l'innovation sur un certain nombre de marchés importants et en croissance. Cela pourrait finir par priver les consommateurs de nouveaux produits, ou de voir les prix augmenter », a déclaré Andrea Coscelli, patron de la CMA.

« L'industrie de la technologie des puces vaut des milliards et est vitale pour les produits sur lesquels les entreprises et les consommateurs comptent chaque jour. Cela comprend le traitement des données critiques et la technologie des centres de données qui soutiennent les entreprises numériques dans l'ensemble de l'économie, et le développement futur des technologies d'intelligence artificielle qui seront importantes pour les industries en croissance comme la robotique et les voitures autonomes. »

C'est dans ce contexte que Bruxelles a décidé de lancer une enquête officielle sur l'implication sur la concurrence d'un tel rachat, après des mois de discussions informelles entre les régulateurs et la société américaine de puces.


La FTC poursuit Nvidia pour préserver le statut d'Arm en tant que « Suisse » des semi-conducteurs

La Federal Trade Commission a intenté une action en justice pour bloquer l'acquisition d'Arm par Nvidia, la société de conception de semi-conducteurs, affirmant que l'accord à succès étoufferait injustement la concurrence : « L'accord vertical proposé donnerait à l'une des plus grandes entreprises de puces le contrôle de la technologie informatique et des conceptions sur lesquelles les entreprises rivales s'appuient pour développer leurs propres puces concurrentes. La plainte de la FTC allègue que la société combinée aurait les moyens et les incitations pour étouffer les technologies innovantes de nouvelle génération, y compris celles utilisées pour gérer les centres de données et les systèmes d'aide à la conduite dans les voitures ».

« La FTC lance une poursuite judiciaire pour bloquer la plus grande fusion de puces à semi-conducteurs de l'histoire afin d'empêcher un conglomérat de puces d'étouffer le pipeline d'innovation pour les technologies de prochaine génération », a déclaré Holly Vedova, directrice du bureau de la concurrence de la FTC, dans un communiqué. « Les technologies de demain dépendent de la préservation des marchés de puces concurrentiels et de pointe d'aujourd'hui. Cet accord proposé fausserait les incitations d'Arm sur les marchés des puces et permettrait à l'entreprise combinée de saper injustement les concurrents de Nvidia. La plainte de la FTC devrait envoyer un signal fort que nous agirons de manière agressive pour protéger nos marchés d'infrastructures critiques contre les fusions verticales illégales qui ont des effets de grande envergure et dommageables sur les innovations futures. »

Arm, qui appartient à Softbank Group Corp., basée à Tokyo, ne fournit ni ne commercialise de puces ou d'appareils informatiques finis. Elle crée et concède sous licence des conceptions et des architectures de microprocesseurs, appelées Arm Processor Technology dans la plainte, à d'autres sociétés technologiques, dont Nvidia. Ces entreprises, à leur tour, s'appuient sur la technologie Arm Processor pour fabriquer des puces informatiques qui alimentent une large gamme d'appareils informatiques modernes, des smartphones aux tablettes en passant par les systèmes d'aide à la conduite et les ordinateurs dans les grands centres de données. Arm fournit également un soutien et des services connexes importants. Arm octroie des licences pour sa technologie de processeur en utilisant une approche de licence ouverte neutre décrite par l'industrie et est souvent surnommée la « Suisse » de l'industrie des semi-conducteurs, selon la plainte.

Selon la plainte, Nvidia, basée en Californie, est l'une des sociétés informatiques les plus importantes et les plus précieuses au monde. Nvidia développe et commercialise des puces et des appareils informatiques et est surtout connu comme le principal fournisseur d'unités de traitement graphique autonomes, ou GPU, pour les ordinateurs personnels et les centres de données, qui sont largement utilisés pour le traitement de l'intelligence artificielle et le traitement graphique. Nvidia développe et commercialise également des produits pour les réseaux avancés, les unités centrales de traitement des centres de données et la conduite assistée par ordinateur. Dans ces domaines, Nvidia et ses concurrents importants s'appuient sur la technologie d'Arm pour développer leurs propres produits concurrents.

Étant donné que la technologie d'Arm est un intrant essentiel qui permet la concurrence entre Nvidia et ses concurrents sur plusieurs marchés, la plainte allègue que la concentration proposée donnerait à Nvidia la capacité et l'incitation à utiliser son contrôle de cette technologie pour miner ses concurrents, réduisant ainsi la concurrence et résultant finalement dans la qualité des produits réduite, l'innovation réduite, les prix plus élevés et moins de choix, nuisant aux millions d'Américains qui bénéficient des produits à base d'Arm.

Selon la plainte, l'acquisition nuira à la concurrence sur trois marchés mondiaux sur lesquels Nvidia est en concurrence en utilisant des produits basés sur Arm :
  • systèmes avancés d'aide à la conduite de haut niveau pour voitures particulières. Ces systèmes offrent des fonctions de conduite assistée par ordinateur, telles que le changement de voie automatisé, le maintien de la voie, l'entrée et la sortie d'autoroute et la prévention des collisions ;
  • DPU SmartNIC, qui sont des produits de mise en réseau avancés utilisés pour augmenter la sécurité et l'efficacité des serveurs de centre de données ; et
  • processeurs basés sur Arm pour les fournisseurs de services de cloud computing. Ces produits nouveaux et émergents tirent parti de la technologie d'Arm pour répondre aux besoins de performances, d'efficacité énergétique et de personnalisation des centres de données modernes qui fournissent des services de cloud computing. Le « cloud computing » fait référence au modèle commercial informatique de plus en plus populaire dans lequel les grands opérateurs de centres de données fournissent des services informatiques à distance et/ou proposent directement des ressources informatiques à la location, ainsi que d'autres services d'assistance aux clients qui peuvent ensuite exécuter des applications, héberger des sites Web ou effectuer d'autres tâches informatiques sur les serveurs distants, c'est-à-dire « le cloud ».

La plainte allègue également que l'acquisition nuira à la concurrence en donnant à Nvidia accès aux informations sensibles sur le plan de la concurrence des titulaires de licence d'Arm, dont certains sont des concurrents de Nvidia, et qu'elle réduira probablement l'incitation pour Arm à poursuivre des innovations qui sont perçues comme étant en conflit avec intérêts commerciaux de Nvidia.

Aujourd'hui, les titulaires de licence d'Arm, y compris les concurrents de Nvidia, partagent régulièrement des informations sensibles sur le plan de la concurrence avec Arm. Les titulaires de licence comptent sur Arm pour l'assistance dans le développement, la conception, les tests, le débogage, le dépannage, la maintenance et l'amélioration de leurs produits, selon la plainte. Les titulaires de licence d'Arm partagent leurs informations sensibles sur le plan de la concurrence avec Arm car Arm est un partenaire neutre et non un fabricant de puces rival. L'acquisition est susceptible d'entraîner une perte critique de confiance dans Arm et son écosystème, selon la plainte.

L'acquisition est également susceptible de nuire à la concurrence en matière d'innovation en éliminant les innovations qu'Arm aurait poursuivies sans un conflit avec les intérêts de Nvidia. L'entreprise fusionnée serait moins incitée à développer ou à activer de nouvelles fonctionnalités ou innovations autrement bénéfiques si Nvidia détermine qu'elles sont susceptibles de nuire à Nvidia, selon la plainte.

La réaction de Nvidia

Pour sa part, Nvidia a promis qu'elle conserverait le modèle de licence ouvert existant d'Arm, qui permet à la société de fournir des conceptions de semi-conducteurs à une liste massive d'entreprises, notamment Apple, Qualcomm, Samsung, Amazon, etc. Le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a écrit à l'époque dans un éditorial du Financial Times qu'il pouvait « affirmer sans équivoque que Nvidia maintiendrait le modèle de licence ouverte d'Arm. Nous n'avons aucune intention de "réduire" ou de "refuser" l'approvisionnement d'Arm à aucun client. »

Dans une déclaration, un porte-parole de Nvidia a avancé que « nous continuerons à travailler pour démontrer que cette transaction profitera à l'industrie et favorisera la concurrence ». La société a également réitéré son engagement à « préserver le modèle de licence ouverte d'Arm et à garantir que sa propriété intellectuelle est accessible à tous les titulaires de licence intéressés, actuels et futurs », arguant que la fusion « stimulerait la concurrence, [et] créerait plus d'opportunités pour tous les titulaires de licence Arm et étendre l'écosystème Arm » grâce aux ressources supplémentaires de Nvidia.

Source : FTC

Et vous ?

Que pensez-vous des raisons évoquées par la FTC pour justifier sa tentative de blocage du rachat ?
Que pensez-vous de la réponse de Nvidia ?
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Le 20/04/2021 à 14:56
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Que pensez-vous de cette intervention du gouvernement britannique dans la vente d’Arm ?
Elle est très saine. Malheureusement, les autres gouvernements "Européens" font rarement la même chose (cf. rachat de Nokia par exemple). C'est pourtant la base, de protéger ses industries.

Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message

Quels commentaires faites-vous de l’argument de "sécurité nationale" ?
Comme souligné plus haut dans l'article, les puces sont essentielles car omniprésentes dans le matériel ,de nos jours. L'argument des "alliés" ne tient pas la route: on a beau avoir un allié, on ne lui donne pas toutes les clés de la maison et toutes les armes - surtout quand cet "allié" est aussi peu fiable. Vendre ARM aux Américains, c'est donner encore plus de poids à l'OFAC et à ses sanctions, et donc potentiellement ne se retrouver qu'avec des fournisseurs Américains sur le long terme, car ils pourraient écarter les fournisseurs Coréens et Chinois: il y a donc bien une histoire de sécurité nationale. Ce n'est jamais bon de ne pas avoir de choix.
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Avatar de Stéphane le calme
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Le 20/11/2021 à 20:01
Proposition d'acquisition d'Arm par Nvidia : la FTC exprime ses inquiétudes de voir le rachat nuire à ses concurrents,
à l'instar de ses homologues européens et britanniques

Les États-Unis ont soulevé des objections potentielles à l'acquisition controversée par Nvidia de la société britannique de conception de puces Arm de SoftBank. L'entreprise a précisé qu'elle était en pourparlers avec la FTC pour trouver « des façons de répondre à ses préoccupations ». En revanche, elle a refusé de révéler les motifs de cette décision et les concessions qu'elle a proposées en retour. Cet obstacle à l'accord vient s'ajouter aux vives oppositions de l'Autorité britannique CMA (Competition and Markets Authority), qui a estimé que cette fusion pourrait donner à Nvidia la capacité de nuire à ses concurrents. De son côté, l'Union européenne a décidé de lancer une enquête officielle sur le rachat d'Arm par Nvidia.

Nvidia est le plus grand fabricant de processeurs graphiques et étend l'utilisation de la composante de jeu dans de nouveaux domaines tels que le traitement de l'intelligence artificielle dans les centres de données et les voitures autonomes. Le mariage de ses propres capacités avec des unités centrales de traitement conçues par Arm pourrait lui permettre de rattraper voire prendre de l'avance sur Intel et Advanced Micro Devices, selon Hans Mosesmann, analyste chez Rosenblatt Securities.

En avril, le gouvernement britannique a décidé d'intervenir pour des raisons de sécurité nationale. Le secrétaire d'État au Numérique, Oliver Dowden, a « publié un avis d'intervention d'intérêt public (PIIN) concernant le projet de vente d'Arm à NVIDIA ». Il a écrit à l'Autorité de la concurrence et des marchés pour l'informer de sa décision et lui a demandé d'entamer une enquête de phase 1 pour évaluer la transaction.

« La CMA (CMA, pour "Competition and Markets Authority", NDLR) va maintenant préparer un rapport contenant des conseils sur les questions de compétence et de concurrence », a annoncé le gouvernement. « Le rapport comprendra également un résumé de toutes les représentations qu'elle recevra sur les questions potentielles de sécurité nationale découlant d'une consultation qu'elle lancera pour recueillir les opinions de tiers », a déclaré le gouvernement. « Parallèlement au processus de la CMA, le gouvernement examinera les intérêts publics en matière de sécurité nationale ».

Dans son communiqué de presse, le gouvernement britannique note qu'Arm est un acteur clef du marché mondial des semi-conducteurs. Les semi-conducteurs sont essentiels aux technologies actuelles et futures, de l'intelligence artificielle à la 5G en passant par l'informatique quantique. Les semi-conducteurs sont également à la base de l'infrastructure nationale critique du Royaume-Uni et sont présents dans les technologies liées à la défense et à la sécurité nationale.

« Il est approprié que nous considérions correctement les implications en matière de sécurité nationale d'une transaction comme celle-ci », a-t-il déclaré. Le gouvernement britannique a le pouvoir de mettre fin à l'opération, car le ministre du numérique dispose de pouvoirs quasi judiciaires en vertu de la loi sur les entreprises de 2002 pour intervenir dans certaines fusions pour des raisons d'intérêt public.

Dans son rapport remis au secrétaire d'État au numérique, à la culture, aux médias et aux sports, l'autorité de la concurrence et des marchés prévient que cette fusion pourrait donner à l'entreprise la capacité et l'intention de nuire à la compétitivité des concurrents de Nvidia, en restreignant leur accès à la propriété intellectuelle d'Arm.

En outre, selon le rapport, alors que Nvidia proposait un ensemble de recours comportementaux pour répondre aux préoccupations de la CMA, l'autorité de la concurrence a estimé que les suggestions n'entraîneraient que « des risques considérables de spécification, de contournement, de surveillance et d'application », et n'atténueraient aucun des ses préoccupations.

« Nous craignons que Nvidia contrôlant Arm ne crée de réels problèmes pour les concurrents de Nvidia en limitant leur accès aux technologies clefs et, en fin de compte, en étouffant l'innovation sur un certain nombre de marchés importants et en croissance. Cela pourrait finir par priver les consommateurs de nouveaux produits, ou de voir les prix augmenter », a déclaré Andrea Coscelli, patron de la CMA.

« L'industrie de la technologie des puces vaut des milliards et est vitale pour les produits sur lesquels les entreprises et les consommateurs comptent chaque jour. Cela comprend le traitement des données critiques et la technologie des centres de données qui soutiennent les entreprises numériques dans l'ensemble de l'économie, et le développement futur des technologies d'intelligence artificielle qui seront important pour les industries en croissance comme la robotique et les voitures autonomes. »

C'est dans ce contexte que Bruxelles a décidé de lancer une enquête officielle sur l'implication sur la concurrence d'un tel rachat, après des mois de discussions informelles entre les régulateurs et la société américaine de puces.


La FTC entre dans la danse

Malgré les signes croissants que les régulateurs pourraient tenter de bloquer l'accord, Nvidia a déclaré mercredi qu'il croyait toujours « aux mérites et aux avantages de l'acquisition pour Arm, ses titulaires de licence et l'industrie ».

Nvidia a révélé le recul des régulateurs américains alors qu'il annonçait ses derniers résultats trimestriels à Wall Street mercredi. L'entreprise a déclaré que la Federal Trade Commission avait « exprimé des préoccupations » au sujet de la transaction Arm et qu'elle était en pourparlers avec l'agence au sujet de « solutions pour répondre à ces préoccupations ».

Le fabricant de puces américain n'a pas indiqué les points sur lesquels la FTC s'appuyait pour indiquer ses réserves quant au rachat d'Arm. Il s'est également gardé de révéler les concessions qu'il avait proposées. L'accord, qui a été annoncé il y a 14 mois, a suscité l'opposition de certaines grandes entreprises de technologie américaines qui craignent que Nvidia limite leur accès aux conceptions de puces d'Arm, ce qui pourrait lui conférer un avantage injuste sur les grands marchés de puces tels que les centres de données et les voitures.

Interrogés par la FTC, Qualcomm, Microsoft et Google ont exprimé des craintes quant à la répercussion du rachat sur la concurrence. « Nous pensons qu'il y a un grand risque que Nvidia devienne le gardien des technologies Arm et qu'il empêche d'autres fabricants de puces d'utiliser la propriété intellectuelle d'Arm », expliquait Qualcomm à cette occasion. De leurs côtés, Google et Microsoft travailleraient sur leurs propres puces basées sur les designs Arm. Des travaux qui se compliqueraient considérablement si Nvidia obligeait Arm à modifier sa politique d'octroi des licences de propriété intellectuelle.

Nvidia a déjà fait une offre aux régulateurs britanniques et européens pour garantir de ne pas couper les clients d'Arm ou de modifier la liste des produits Arm auxquels ils ont accès, selon une personne familière à l'affaire. Mais l'offre n'était pas suffisante pour empêcher Londres et Bruxelles de lancer des enquêtes approfondies, et l'Autorité britannique de la concurrence et des marchés a déclaré qu'elle ne pensait pas qu'un remède comportemental comme celui-ci puisse être efficace.

Nvidia pourrait faire face à d'autres obstacles en Chine, où certains fabricants de puces locaux ont exprimé leur crainte auprès des régulateurs. La société a déclaré mercredi qu'un processus antitrust formel n'avait pas été enclenché sur le territoire de l'Empire du Milieu, bien qu'elle ait déclaré que l'accord a été « en cours d'examen » par les autorités chinoises.

Les problèmes liés à l'acquisition d'Arm n'ont pas réussi à affaiblir la récente vague d'enthousiasme de Wall Street pour Nvidia. Ses actions ont bondi d'environ 130 % au cours des 14 mois qui ont suivi l'annonce de l'accord proposé, portant sa valeur boursière à plus de 730 milliards de dollars.

La forte reprise a porté la valeur de l'offre en espèces et en actions sur Arm à 76 milliards de dollars, contre 38,5 milliards de dollars lors de l'annonce de l'accord.

Les derniers résultats des bénéfices ont révélé que les activités de puces de jeux et de centres de données de Nvidia continuaient de tourner à plein régime, augmentant ses revenus de 50 % par rapport à la même période l'année dernière.

Le PDG et cofondateur Jensen Huang, qui était également présent à la conférence téléphonique sur les résultats du troisième trimestre, a déclaré que Nvidia avait réussi à s'approvisionner en puces auprès de son fabricant sous contrat au cours du trimestre, mais que la situation de la chaîne d'approvisionnement mondiale avait été un signal d'alarme. « Nous avons un approvisionnement garanti sécurisé, en très grande quantité, assez spectaculaire, de la part de la première fonderie mondiale, et des sociétés de substrat, d'emballage et de test qui font partie intégrante habituelle de notre chaîne d'approvisionnement », a déclaré Huang.

Les revenus du troisième trimestre ont atteint 7,1 milliards de dollars, soit 270 millions de dollars de plus que les attentes de Wall Street. Nvidia a également prévu un chiffre d'affaires de 7,4 milliards de dollars au quatrième trimestre, soit 540 millions de dollars de plus que les attentes, car il a réussi à éliminer les pires pressions de la chaîne d'approvisionnement en puces qui ont frappé d'autres parties du secteur.

Les bénéfices après impôts de Nvidia ont augmenté de 84 % au cours de la dernière période pour atteindre 2,46 milliards de dollars, soit 97 cents par action.

Source : FT
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Le 25/01/2021 à 10:27
Le projet de SoftBank de vendre Arm à NVIDIA se heurte au mur antitrust dans le monde entier,
Le fabricant de puces américain étant en concurrence directe avec des clients d'Arm

L'acquisition prévue par NVIDIA du concepteur de puces britannique Arm, propriété de SoftBank japonaise, le plus gros contrat technologique de 2020 et ayant des implications majeures pour le calcul haute performance et l'intelligence artificielle, se heurte à des obstacles réglementaires sur les principaux marchés. La fusion proposée, qui pourrait remodeler l'industrie des semi-conducteurs, a suscité des préoccupations en matière d'antitrust et de sécurité nationale chez les décideurs politiques et fait déjà l'objet d'une enquête par certaines autorités dont les régulateurs britanniques.

Nvidia a annoncé en septembre son intention d'acheter le Britannique Arm basé à Cambridge pour 40 milliards de dollars, disant qu'il créerait « la première entreprise informatique du monde ». Arm est largement considéré comme le joyau de la couronne de l'industrie technologique britannique. Ses puces alimentent la plupart des smartphones du monde, ainsi que de nombreux autres appareils. Cette annonce a généré un buzz dans le monde de la technologie.


Il était clair dès le départ que la vente de Arm, qui appartient au SoftBank Group Capital, dont le siège est à Londres, à la société américaine de semi-conducteurs, connue pour fournir des puces qui restituent des images dans les jeux vidéo, attirerait l'attention des autorités antitrust et des responsables de la sécurité nationale dans les pays où elle doit être approuvée.

Si les experts, qui connaissent bien les questions réglementaires relatives aux fusions et acquisitions internationales, affirment que l'opération doit franchir les obstacles réglementaires mis en place pour prévenir les pratiques anticoncurrentielles et les menaces à la sécurité nationale, les deux sociétés savaient également que la réalisation de l’opération serait plus longue que le processus habituel d'obtention de l'approbation réglementaire pour une acquisition d'entreprise. Les dirigeants de NVIDIA et d'Arm ont déclaré lors de l’annonce de l’accord qu'ils s'attendaient à passer par des processus d'approbation réglementaire dans le monde entier. Un porte-parole de NVIDIA a déclaré au début du mois que la société s'attendait toujours à ce que le processus d'approbation prenne 18 mois à partir de la signature de l'accord, qui a eu lieu en septembre.

La fusion a déjà alarmé les concurrents de l'industrie des puces. En effet, Arm a longtemps basé son modèle économique sur le partenariat avec un large éventail d'entreprises de semi-conducteurs, en leur concédant des licences de sa technologie. Cette philosophie a conduit à ce que ses puces soient présentes dans plus de 95 % des smartphones du monde. Lorsqu’elle a été rachetée par le groupe SoftBank en 2016, l'achat n'a pas soulevé de problème d'antitrust, car le conglomérat technologique japonais ne disposait pas d'une unité de fabrication de puces en concurrence avec d'autres clients de la société britannique.

Mais l'opération en cours est une autre histoire, dans la mesure où le fabricant de puces américain est en concurrence directe avec des clients d'Arm tels que Qualcomm, Intel, Advanced Micro Devices, MediaTek à Taiwan et Samsung Electronics en Corée du Sud. Alors que l'acquisition d'Arm par le groupe SoftBank s'est déroulée sans accroc parce que le groupe est considéré comme « une sorte de société d'investissement », l'achat de la société par Nvidia « augmentera les craintes qu'il fausse la concurrence entre les acteurs en aval qui achètent des licences de technologie à Arm », a déclaré l'avocat Akira Kawashiro, selon le quotidien économique Nikkei.

La vente par SoftBank de Arm à Nvidia risque d'être une "vente difficile" pour les autorités antitrust des États-Unis et de l'UE, selon Kawashiro. Les médias ont rapporté que des sociétés comme Intel et Qualcomm font pression sur les autorités de régulation aux États-Unis et dans d'autres pays pour qu'elles annulent l'acquisition.

La Commission fédérale du commerce, l'organisme américain de surveillance de la concurrence, a envoyé une deuxième demande à Nvidia, demandant au fabricant de puces de soumettre des documents internes détaillés concernant le projet d'acquisition d'Arm pour une enquête antitrust. Des dossiers détaillés de l'entreprise et d'éventuels entretiens avec des dirigeants aideront à construire une base pour l'enquête. Cette demande de la FTC doit être considérée comme un signe que l'accord sera « examiné rigoureusement aux États-Unis », a déclaré l'avocat Takafumi Uematsu.

Si tel est le cas, les entreprises peuvent être tenues de s'engager à ne pas prendre de mesures discriminatoires à l'encontre d'une autre entreprise ou à prendre des mesures pour répondre à des préoccupations réglementaires, comme la vente de certaines entreprises ou de certains actifs. La conséquence pourrait être un sérieux retard dans la réalisation de la transaction. « Le premier obstacle à franchir [pour l'opération SoftBank-NVIDIA] est l'enquête de la FTC », a déclaré MUematsu. « Les résultats de l'enquête américaine sont susceptibles d'affecter les mesures réglementaires prises dans l'UE, en Chine et sur d'autres marchés ».

Un processus d’approbation de la transaction par la Chine qui pourrait être très long

L’acquisition par une société américaine d’Arm, qui a continué à approvisionner Huawei Technologies, alors que Washington a introduit des restrictions réglementaires pour empêcher la société chinoise d'obtenir des semi-conducteurs sans licence spéciale, pourrait mettre Arm sous une pression et une influence plus fortes de la part du gouvernement américain. Huawei était également privé des puces fabriquées par des sociétés étrangères qui ont été développées ou produites avec des logiciels ou des technologies américaines.

La technologie de puce d’Arm est d'origine britannique et ne violerait pas les restrictions américaines sur l'approvisionnement du géant technologique chinois, affirmait le concepteur de puces. Mais son acquisition par une société américaine pourrait tout changer. Un autre obstacle chinois au bon déroulement de la transaction pourrait venir du régulateur antitrust du pays, l'Administration d'État pour la réglementation des marchés (SAMR).

SAMR, qui doit aussi approuver l’acquisition, pourrait faire obstacle à cette méga-opération, car Arm détient 49 % d'Arm China, une coentreprise locale avec une société de capital-investissement liée au gouvernement chinois. En effet, il existe un précédent inquiétant pour NVIDIA. En 2018, la SAMR a effectivement bloqué la tentative de Qualcomm de racheter le fabricant de puces néerlandais NXP Semiconductors en n'approuvant pas l'opération dans le délai fixé par les deux sociétés.


En 2020, les autorités chinoises ont approuvé l'acquisition par NVIDIA du concepteur de puces israélien Mellanox Technologies, qui a également été autorisée par les régulateurs des États-Unis, de l'UE et du Mexique, mais le retard du processus réglementaire en Chine a fait que la transaction a pris plus d'un an pour être réalisée.

Selon Nikkei, l'enquête de la SAMR sur l’opération d’acquisition d’Arm pourrait être un long processus, car l'agence gouvernementale va probablement essayer de comprendre la politique chinoise de la nouvelle administration américaine du président Joe Biden, a déclaré l'avocat Haseru Roku. Selon le quotidien, bien que la SAMR ait tendance à maintenir sa politique antitrust en accord avec les tendances mondiales, il reste un bras du gouvernement qui est vulnérable aux effets de la politique étrangère de la Chine. Selon Roku, il y a peu de chances que la SAMR approuve rapidement l'accord.

Par ailleurs, les nouvelles règles de Pékin pour l'examen des investissements étrangers pour des raisons de sécurité nationale seraient entrées en vigueur lundi. Le nouveau régime chinois de contrôle des investissements couvre les investissements étrangers dans les secteurs militaires et l'acquisition de participations de contrôle dans des secteurs tels que l'énergie, les ressources naturelles, l'agriculture, la technologie Internet et les services financiers.

La technologie des semi-conducteurs étant considérée comme une question de sécurité sensible en Chine, le projet de NVIDIA d'acquérir Arm pourrait être soumis à un examen dans le cadre du nouveau système, même si la transaction n'implique que des sociétés étrangères, a déclaré Roku, soulignant que la participation d’Arm dans Arm China sera vendue à la société américaine.

L'agence antitrust britannique va enquêter sur l'acquisition d'Arm par NVIDIA

L'Autorité de la concurrence et des marchés (CMA), le régulateur antitrust britannique, a annoncé le 6 janvier qu'elle allait enquêter sur la vente prévue d'Arm et a invité les « tiers intéressés à fournir des avis initiaux » sur le sujet. La CMA a dit dans la déclaration qu'elle va probablement « examiner si, à la suite de la reprise, Arm a une incitation à retirer, à augmenter les prix ou à réduire la qualité de ses services de licence de propriété intellectuelle aux rivaux de NVIDIA », ont rapporté les médias plus tôt ce mois.

Le directeur général de la CMA, Andrea Coscelli, a déclaré dans un communiqué : « Nous allons travailler en étroite collaboration avec d'autres autorités de la concurrence dans le monde pour examiner attentivement l'impact de l'accord et s'assurer qu'il ne se traduira pas en fin de compte par des produits plus chers ou de moindre qualité pour les consommateurs ». L'avocat Michihiro Nishi a déclaré que le gouvernement britannique pourrait décider « d'intervenir dans l'acquisition puisque la technologie des semi-conducteurs est également importante du point de vue de la défense nationale ».

Par ailleurs, le Royaume-Uni est en train d’envisager une nouvelle loi pour renforcer le contrôle du gouvernement sur les investissements étrangers. Le 11 novembre, le gouvernement a soumis au Parlement le projet de loi sur la sécurité nationale et l'investissement. Si elle est adoptée, la loi donnerait au gouvernement le pouvoir d'intervenir dans un large éventail de transactions de rachat et d'investissement pour des raisons de sécurité nationale.

« Comme même une transaction effectuée avant l'entrée en vigueur de la loi peut être soumise à un examen du gouvernement dans certaines circonstances, la loi pourrait être appliquée » à la prise de contrôle d'Arm par NVIDIA, a déclaré Nishi.


Le cofondateur d'ARM, Hermann Hauser, a déclaré après l’annonce de l’acquisition d’Arm que ce serait un désastre si le rival américain NVIDIA achetait la société britannique qu'il a aidé à construire. « Arm est la seule entreprise technologique britannique restante, avec une position dominante dans les microprocesseurs pour téléphones portables », a-t-il écrit en septembre dans une lettre ouverte au Premier ministre Boris Johnson. Il a exprimé ses inquiétudes quant à l'impact de la vente sur l'emploi au Royaume-Uni et sur l'équité des relations avec les détenteurs de licences d'Arm en raison du traitement préférentiel qui pourrait être accordé à NVIDIA.

Il a proposé trois conditions juridiquement contraignantes à l’intention du gouvernement britannique pour que l'accord puisse être conclu, notamment des garanties d'emploi pour les employés d’Arm au Royaume-Uni et un accord selon lequel NVIDIA ne doit pas bénéficier d'un traitement préférentiel par rapport aux autres licenciés actuels d’Arm. Sa lettre ouverte a recueilli plus de 2 000 signatures.

Toutefois, dans une déclaration sur le projet d'acquisition d'Arm par NVIDIA, publiée sur un site Web commun, Nvidia promet de s'assurer qu'Arm « continuera à exploiter son modèle de licence ouverte tout en maintenant la neutralité vis-à-vis des clients mondiaux qui a été à la base de son succès ». La déclaration souligne qu'Arm restera basée à Cambridge et construira un centre de recherche sur l'IA de classe mondiale.

Selon un commentateur, la CMA promet un examen rigoureux, mais selon lui, c’est ce que le régulateur redoute qui se produira : « NVIDIA a tout intérêt à retirer, augmenter les prix ou réduire la qualité de ses services de licences de propriété intellectuelle aux rivaux de NVIDIA, car cela aiderait les propres produits de NVIDIA (actuels et futurs), et NVIDIA travaille beaucoup plus sur ses propres produits qu’Arm ne fabrique sous licence ». Il a ajouté qu’il « est quasiment impossible que cette situation soit correctement contrôlée après la reprise ». Et vous, qu’en pensez-vous ?

Sources : Nikkei, CMA

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Pensez-vous que l’opération d’acquisition d’Arm par NVIDIA rencontrera des problèmes, y compris auprès des régulateurs en Chine ?
Que pensez-vous des promesses de NVIDIA selon lesquelles Arm « continuera à exploiter son modèle de licence ouverte » ?
La reprise aura-t-elle lieu, selon vous ?

Voir aussi :

« Il faut sauver ARM » : le cofondateur de l'entreprise refuse le rachat par NVIDIA, ce serait un "désastre" pour l'industrie
Arm présente Neoverse N2 et V1, ses architectures dédiées aux serveurs qui pourraient égaler en performance, les meilleures puces desktop hautes performances actuelles d'AMD et d'Intel
NVIDIA amorce le rachat d'Arm Holdings auprès de Softbank pour 40 milliards de dollars. L'opération devrait s'achever d'ici mars 2022, sous réserve de l'approbation des autorités réglementaires
NVIDIA fait monter les enchères à 6,9 Md$ face à Microsoft et Intel pour s'offrir Mellanox, le fabricant de solutions réseau pour Datacenter
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Le 31/08/2021 à 14:30
L'UE se prépare à lancer une enquête officielle sur le rachat d'Arm par Nvidia,
l'Autorité britannique CMA a estimé que cette fusion pourrait donner à Nvidia la capacité de nuire à ses concurrents

NVIDIA Corporation et SoftBank Group ont annoncé un accord en septembre dernier selon lequel NVIDIA va acquérir Arm Holdings auprès de SoftBank dans une transaction évaluée à environ 40 milliards de dollars.

Nvidia est le plus grand fabricant de processeurs graphiques et étend l'utilisation de la composante de jeu dans de nouveaux domaines tels que le traitement de l'intelligence artificielle dans les centres de données et les voitures autonomes. Le mariage de ses propres capacités avec des unités centrales de traitement conçues par Arm pourrait lui permettre de rattraper voire prendre de l'avance sur Intel et Advanced Micro Devices, selon Hans Mosesmann, analyste chez Rosenblatt Securities.

En avril, le gouvernement britannique a décidé d'intervenir pour des raisons de sécurité nationale. Le secrétaire d'État au numérique, Oliver Dowden, a « publié un avis d'intervention d'intérêt public (PIIN) concernant le projet de vente d'Arm à NVIDIA ». Il a écrit à l'Autorité de la concurrence et des marchés pour l'informer de sa décision et lui a demandé d'entamer une enquête de « phase 1 » pour évaluer la transaction.

« La CMA (CMA, pour « Competition and Markets Authority », NDLR) va maintenant préparer un rapport contenant des conseils sur les questions de compétence et de concurrence », a annoncé le gouvernement. « Le rapport comprendra également un résumé de toutes les représentations qu'elle recevra sur les questions potentielles de sécurité nationale découlant d'une consultation qu'elle lancera pour recueillir les opinions de tiers », a déclaré le gouvernement. « Parallèlement au processus de la CMA, le gouvernement examinera les intérêts publics en matière de sécurité nationale ».

Dans son communiqué de presse, le gouvernement britannique note qu'Arm est un acteur clef du marché mondial des semi-conducteurs. Les semi-conducteurs sont essentiels aux technologies actuelles et futures, de l'intelligence artificielle à la 5G en passant par l'informatique quantique. Les semi-conducteurs sont également à la base de l'infrastructure nationale critique du Royaume-Uni et sont présents dans les technologies liées à la défense et à la sécurité nationale.

« Il est approprié que nous considérions correctement les implications en matière de sécurité nationale d'une transaction comme celle-ci », a-t-il déclaré. Le gouvernement britannique a le pouvoir de mettre fin à l'opération, car le ministre du numérique dispose de pouvoirs « quasi judiciaires » en vertu de la loi sur les entreprises de 2002 pour intervenir dans certaines fusions pour des raisons d'intérêt public.

Il y a quelques jours, dans son rapport remis au secrétaire d'État au numérique, à la culture, aux médias et aux sports, l'autorité de la concurrence et des marchés prévient que cette fusion pourrait donner à l'entreprise la capacité et l'intention de nuire à la compétitivité des concurrents de Nvidia, en restreignant leur accès à la propriété intellectuelle d'Arm.

En outre, selon le rapport, alors que Nvidia proposait un ensemble de « recours comportementaux » pour répondre aux préoccupations de la CMA, l'autorité de la concurrence a estimé que les suggestions n'entraîneraient que « des risques considérables de spécification, de contournement, de surveillance et d'application », et n'atténueraient aucun des ses préoccupations.

« Nous craignons que Nvidia contrôlant Arm ne crée de réels problèmes pour les concurrents de Nvidia en limitant leur accès aux technologies clefs et, en fin de compte, en étouffant l'innovation sur un certain nombre de marchés importants et en croissance. Cela pourrait finir par priver les consommateurs de nouveaux produits, ou de voir les prix augmenter », a déclaré Andrea Coscelli, patron de la CMA.

« L'industrie de la technologie des puces vaut des milliards et est vitale pour les produits sur lesquels les entreprises et les consommateurs comptent chaque jour. Cela comprend le traitement des données critiques et la technologie des centres de données qui soutiennent les entreprises numériques dans l'ensemble de l'économie, et le développement futur des technologies d'intelligence artificielle qui seront important pour les industries en croissance comme la robotique et les voitures autonomes. »


Bruxelles

C'est dans ce contexte que Bruxelles va lancer une enquête officielle sur la concurrence au début du mois prochain, après des mois de discussions informelles entre les régulateurs et la société américaine de puces.

L'enquête devrait commencer après que Nvidia ait officiellement informé la Commission européenne de son projet d'acquisition d'Arm, le fabricant américain de puces prévoyant de faire sa soumission dans la semaine du 6 septembre, selon deux personnes ayant une connaissance directe du processus. Cependant, ils ont ajouté que la date pourrait encore changer.

Une fois que l'entreprise aura notifié la commission, il y aura un examen préliminaire de 25 jours ouvrables, au cours duquel l'entreprise est susceptible d'offrir certaines concessions afin de faciliter le processus réglementaire. On s'attend à ce qu'il suive alors une enquête à grande échelle de 90 jours par les fonctionnaires de la commission.

Un porte-parole de Nvidia a déclaré : « Cette transaction sera bénéfique pour Arm, ses titulaires de licence, la concurrence et l'industrie. Nous travaillons sur le processus réglementaire et nous sommes impatients de nous engager avec la Commission européenne pour répondre à toutes leurs préoccupations ».

Au cours du dernier exercice, le chiffre d'affaires de Nvidia s'élevait à 16,68 milliards de dollars, contre 10,92 milliards de dollars en 2020.

Un porte-parole de la commission a déclaré : « Nous n'avons pas de commentaire spécifique. Cette opération n'a pas été formellement notifiée à la commission. Si une transaction a une dimension européenne, il appartient toujours aux entreprises de la notifier à la commission ».

Les principaux concurrents de NVIDIA ont exprimé leurs propres inquiétudes, affirmant que l'architecture et les concepts de la société britannique de puces sont utilisés dans l'ensemble de l'industrie et que cette fusion limiterait leur capacité à utiliser la technologie qui fait partie de l'épine dorsale des conceptions d'autres concurrents. NVIDIA a déclaré qu'un tel jeu de puissance ne se produirait jamais et qu'ils conserveraient la possibilité d'utiliser la technologie d'Arm dans son ensemble.

Source : déclaration Nvidia
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Le 26/01/2022 à 16:23
Nvidia se préparerait à abandonner l'offre de 40 milliards de dollars pour l'acquisition d'ARM
après une forte opposition de l'industrie et des régulateurs

SoftBank ne cèdera peut-être pas ARM à Nvidia. Des personnes proches du dossier ont indiqué cette semaine que Nvidia se prépare "discrètement" à abandonner son acquisition de 40 milliards de dollars du concepteur de puces britannique ARM, en raison de l'opposition réglementaire. L'opération a fait l'objet d'un examen minutieux de la part des régulateurs du monde entier, qui craignent qu'elle ne donne à Nvidia un avantage déloyal dans l'industrie des semi-conducteurs. L'un des plus fervents opposants à ce rachat est le cofondateur de l'entreprise, Hermann Hauser, qui avait lancé fin 2020 un appel à "sauver ARM pour éviter un désastre".

Nvidia a annoncé son intention d'acquérir ARM en septembre 2020. À l'époque, le PDG de Nvidia, Jensen Huang, avait déclaré que cette acquisition allait lui permettre "de créer une entreprise fabuleusement positionnée pour l'ère de l'IA". Cependant, les conceptions d'ARM sont utilisées sous licence presque universellement dans les smartphones et autres appareils mobiles par des entreprises comme Apple, Qualcomm, Microsoft, Samsung, Intel et Amazon. De nombreux acteurs de l'industrie craignent que ces entreprises se retrouvent "à la merci de Nvidia" après l'opération. Un mouvement de contestation s'en est donc suivi.



Les régulateurs étatiques s'en sont également mêlés. Le Royaume-Uni, qui abrite le siège social d'ARM, a lancé une enquête antitrust sur l'acquisition en janvier 2021, et une autre enquête de sécurité en novembre dernier. Aux États-Unis, la FTC (Federal Trade Commission) a récemment intenté une action en justice pour bloquer l'achat, craignant qu'il n'"étouffe" la concurrence dans des secteurs comme les centres de données et la construction automobile. Les craintes ont été exacerbées par la pénurie de semi-conducteurs qui secoue actuellement l'industrie. Pour les régulateurs et les contestataires, ARM devrait rester la "Suisse des semi-conducteurs".

En outre, selon des sources, des sociétés comme Intel, Amazon et Microsoft auraient donné aux régulateurs suffisamment d'informations pour empêcher la transaction. Elles ont précédemment fait valoir que Nvidia ne peut pas préserver l'indépendance d'ARM, car il est lui-même client d'ARM. Ainsi, il pourrait potentiellement devenir à la fois un fournisseur et un concurrent des détenteurs de licences ARM. « Nous continuons à défendre le point de vue exprimé en détail dans nos derniers documents réglementaires, à savoir que cette transaction offre l'occasion d'accélérer ARM et de stimuler la concurrence et l'innovation », a déclaré Nvidia en réponse aux critiques.

Par ailleurs, la Chine pourrait également bloquer la transaction si les autres régulateurs ne le font pas. Dans le contexte actuel de guerre commercial entre la Chine et les États-Unis, les régulateurs chinois, inquiets de voir une technologie clef tomber dans les mains d'une entreprise américaine, remettent également en question l'accord. La Chine serait de plus en plus préoccupée par le fait qu'elle ne contrôle pas les technologies clefs, notamment celles liées aux semi-conducteurs. Elle dépenserait plus d'argent pour importer des semi-conducteurs que pour importer du pétrole, et les puces ARM sont aussi omniprésentes en Chine qu'ailleurs.

Le Parti communiste chinois est sans doute frustré par les récentes tentatives américaines de limiter la compétitivité du pays sur le marché des semi-conducteurs. En 2019, l'administration Trump a fait pression sur le gouvernement néerlandais pour empêcher une entreprise chinoise d'acheter des machines de lithographie par ultraviolets extrêmes fabriquées par la société néerlandaise ASML. Ces machines sont quasiment indispensables pour fabriquer des puces de moins de 7 nm. Un an plus tard, les autorités américaines ont imposé des sanctions à Huawei, l'empêchant d'acheter des puces de pointe fabriquées par TSMC.

En raison de ces antécédents, les autorités chinoises pourraient bien s'opposer à la transaction Nvidia-Arm. « Nous gardons l'espoir que la transaction sera approuvée », a déclaré un porte-parole de SoftBank cette semaine. Cependant, selon des personnes proches du dossier, Nvidia a dit à ses partenaires qu'il ne s'attendait pas à ce que l'opération soit finalisée. L'entreprise n'aurait fait que peu ou pas de progrès dans l'obtention de l'approbation réglementaire pour le rachat d'ARM, à un prix estimé à environ 40 milliards de dollars. Le prix des actions de Nvidia avait presque doublé lorsque le rachat a été annoncé en septembre 2020.

Mais il était en baisse de près de 5 % dans les échanges matinaux à suite de la nouvelle. Selon les sources, d'autres personnes au sein de Nvidia veulent poursuivre la transaction, malgré ces vents contraires. L'accord initial expire le 13 septembre 2022, mais selon les sources, il sera automatiquement renouvelé si les approbations prennent plus de temps. Nvidia avait prédit que la transaction serait conclue dans environ 18 mois - un délai qui semble désormais irréaliste. Entre-temps, SoftBank, propriétaire actuel d'ARM, serait en train d'avancer un programme visant à rendre ARM public comme alternative à l'acquisition.

ARM est souvent considéré comme le "joyau de la couronne" de l'industrie technologique britannique. Ses architectures de puces à haut rendement énergétique sont utilisées dans 95 % des smartphones dans le monde et dans 95 % des puces conçues en Chine. L'entreprise gagne de l'argent grâce aux redevances versées par les fabricants.

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