Depuis le rachat de VMware par Broadcom, le paysage des solutions de virtualisation est en pleine mutation. En ce mois de juin 2025, une nouvelle étape vient d’être franchie : des entreprises titulaires de licences perpétuelles VMware reçoivent des lettres d’audit ou de mise en demeure. Une pratique perçue par beaucoup comme une tentative d’intimidation commerciale déguisée en démarche juridique.Contexte
Le rachat de VMware par Broadcom, finalisé fin 2023 pour la somme colossale de 69 milliards de dollars, avait déjà provoqué un séisme dans l’univers de l’IT. Historiquement, VMware proposait des licences perpétuelles, permettant aux entreprises d'utiliser le logiciel indéfiniment après un paiement unique, avec la possibilité d'acheter séparément des contrats de support. Ce modèle offrait une grande flexibilité et prévisibilité budgétaire. Cependant, Broadcom a opéré un virage stratégique radical, abandonnant le modèle de licence perpétuelle au profit d'un modèle d'abonnement exclusif.
Cette décision, brutale pour beaucoup, s’est accompagnée d’une refonte des tarifs et des bundles.
De nombreuses entreprises ont ainsi vu leur facture tripler ou quadrupler, avec peu d’alternatives proposées, et souvent sans le moindre accompagnement technique. Face à ces hausses tarifaires, beaucoup ont préféré geler leur infrastructure existante, c’est-à-dire continuer à utiliser leur licence perpétuelle sans renouveler de contrat de support. Jusqu’ici, cela ne semblait pas poser problème. Mais cette stratégie de « stand-by » semble désormais intenable.
Après avoir envoyé des lettres de cessation et de désistement aux utilisateurs de VMware dont les contrats d'assistance avaient expiré et qui avaient ensuite refusé de souscrire à l'un des forfaits VMware de Broadcom, cette dernière a entamé le processus d'audit de ses anciens clients VMware.
Une transformation brutale de l’offre VMware
Broadcom a finalisé l'acquisition de VMware fin 2023 pour un montant de 69 milliards de dollars. Et presque immédiatement, le géant des semiconducteurs a déclenché une tempête de feu en apportant des changements majeurs au catalogue de produits de VMware, notamment en modifiant les licences logicielles et en mettant fin à certains produits.
Par exemple, l’entreprise a annoncé la fin des licences perpétuelles pour VMware et le passage aux souscriptions à des abonnements :
« Après la date de validité des licences perpétuelles, les clients ne pourront plus acheter de nouvelles. Ils pourront plutôt souscrire à des abonnements ou des licences à durée déterminée pour compléter ou remplacer leur base d'installation actuelle sous licence perpétuelle », indique Broadcom dans la note d’information relative au changement de formule.
« C'est le moment idéal pour les clients d'évaluer l'état actuel de leurs produits d'infrastructure et de gestion VMware. Nous les encourageons à revoir leur inventaire de licences perpétuelles, y compris les cycles d'actualisation et les dates de renouvellement, et à se familiariser avec les offres d'abonnement de VMware. Les clients peuvent également contacter leur représentant VMware ou partenaire pour plus d'informations », ajoute l’entreprise.
Ces modifications brutales ont impacté fortement les organisations, plusieurs clients ayant vu leurs coûts de licence multipliés par 12. Selon les acteurs européens du cloud, les « tactiques brutales » de Broadcom décimeront le marché indépendant de cloud computing de l'Europe.
La transition forcée vers l'abonnement
Cette transition vise à générer des revenus plus prévisibles et récurrents, en alignement avec les tendances actuelles de l'industrie du logiciel en tant que service (SaaS). Désormais, pour bénéficier de support, de mises à jour et de correctifs, les clients doivent souscrire à des abonnements, souvent à des prix considérablement plus élevés (certaines estimations évoquent des augmentations de 800 % à 1 500 %). Cette situation a contraint de nombreuses entreprises à réévaluer leur stratégie d'infrastructure et à envisager des...
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Les détenteurs de licences perpétuelles ont-ils réellement tort d’utiliser des correctifs de sécurité installés avant l’expiration du support ?
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