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VMware empêche certains détenteurs de licences perpétuelles de télécharger des correctifs,
Broadcom gère en priorité les entreprises arrimées à la formule des abonnements à ses services

Le , par Patrick Ruiz

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6  0 
Certains détenteurs de licences perpétuelles VMware ne peuvent actuellement pas télécharger les correctifs de sécurité, d’après des rapports. La société de virtualisation leur a fait savoir qu’ils recevraient les correctifs à une date ultérieure. Broadcom gère en priorité les entreprises arrimées à la formule des abonnements à ses services. La situation s’inscrit dans une nouvelle tendance dans la filière du génie logiciel faite de mise au rebut des licences perpétuelles et d’adoption des abonnements comme standard.

Depuis que Broadcom a racheté VMware et mis fin à la vente de licences perpétuelles au profit des abonnements, certaines organisations ont choisi de ne pas y souscrire et utilisent VMware sans contrat d'assistance. Ces utilisateurs sont censés avoir accès aux correctifs de sécurité zero-day. Cependant, certains clients signalent qu'ils ne peuvent télécharger les correctifs VMware depuis le portail d'assistance de Broadcom.

Le service clientèle de VMware a indiqué à certains de ces clients qu'ils devraient peut-être attendre 90 jours avant de pouvoir télécharger les correctifs.


Broadcom privilégie les entreprises qui s’arriment à la formule des abonnements et utilisent divers stratagèmes pour forcer les autres à abandonner les licences perpétuelles

La formule des abonnements vise à générer des revenus plus prévisibles et récurrents, en alignement avec les tendances actuelles de l'industrie du logiciel en tant que service (SaaS). Désormais, pour bénéficier de support, de mises à jour et de correctifs, les clients doivent souscrire à des abonnements, souvent à des prix considérablement plus élevés (certaines estimations évoquent des augmentations de 800 % à 1 500 %). Cette situation a contraint de nombreuses entreprises à réévaluer leur stratégie d'infrastructure et à envisager des alternatives à VMware.

Par exemple, Computershare, l'opérateur mondial de registres d'actions boursières, semble avoir décidé de faire ses adieux à VMware. Le directeur technique de Computershare, Kevin O'Connor, a exprimé son indignation face à la situation qui prévaut chez VMware depuis l'acquisition de l'entreprise par le géant des semiconducteurs Broadcom. Computershare disposerait de 24 000 machines virtuelles VMware, mais face à l'envolée des coûts de licence et des changements controversés et incessants mis en œuvre par Broadcom, l'entreprise semble avoir pris la décision de migrer vers le concurrent Nutanix au cours de l'année prochaine.


Les lettres de mise font partie de l’arsenal dont Broadcom se sert pour forcer les entreprises à abandonner les licences perpétuelles

La première phase de l'offensive de Broadcom a consisté en l'envoi de lettres de « cesser et s'abstenir » aux détenteurs de licences perpétuelles dont le support avait expiré. Ces lettres exigeaient que les clients cessent d'utiliser toute mise à jour (y compris les versions mineures, majeures, les extensions, les correctifs de bogues et de sécurité, à l'exception des correctifs de vulnérabilités « zero-day ») installée après la fin de leur contrat de support, les menaçant de poursuites judiciaires en cas de non-conformité. Certains clients ont même été sommés de désinstaller les mises à jour déjà appliquées.

Plus récemment, Broadcom est passé à la vitesse supérieure en initiant des audits formels auprès d'anciens clients VMware.

Par exemple, une lettre datant du 20 juin a été envoyée à un fournisseur de logiciels et utilisateur de VMware aux Pays-Bas a reçue et qui l'informe qu'il « a été sélectionné pour un audit formel de son utilisation des logiciels et des services d'assistance VMware ». Le professionnel de la sécurité qui a fourni la lettre a demandé à ce que son nom et celui de son employeur restent anonymes pour des raisons de confidentialité.

L'employé anonyme a déclaré que son entreprise était cliente de VMware depuis « environ » dix ans avant de décider de ne pas signer un nouveau contrat avec VMware de Broadcom il y a un an ». L'entreprise utilisait VMware Cloud Foundation et vSphere. « Notre PDG a décidé de ne pas prolonger le contrat d'assistance en raison des coûts », a déclaré l'employé. « Cela a déjà un impact sur notre sécurité car nous ne pouvons plus obtenir de mises à jour (sauf si le score CVSS est critique). »

La lettre indique qu'un cabinet d'audit, Connor Consulting, dont le siège est à San Francisco et qui possède des bureaux dans le monde entier, va procéder à un examen du « déploiement et des droits VMware de l'entreprise, ce qui peut inclure un travail sur le terrain ou des tests à distance et des réunions avec des membres de votre comptabilité, de votre service des licences et de vos systèmes d'information de gestion ». La lettre informe son destinataire qu'une personne de Connor prendra contact avec lui et que l'utilisateur de VMware devra répondre dans les trois jours ouvrables.

La lettre, signée par Aiden Fitzgerald, directeur des opérations commerciales mondiales chez Broadcom, affirme que Broadcom utilisera son temps « de manière aussi efficace et productive que possible afin de minimiser les perturbations ».

Néanmoins, le travailleur de la sécurité est préoccupé par les implications de l'audit et a déclaré qu'il « s'attend à un impact financier important » pour son employeur. Il a ajouté : « Comme nous nous efforçons de réduire les coûts et que nous disposons d'un budget assez serré, cela aura probablement un impact sur les négociations salariales, voire sur les licenciements d'employés. Actuellement, nous avons des responsables informatiques [et] des employés du service juridique très stressés... ».

L'employé a indiqué qu'il ne savait pas si son employeur avait dépassé les limites de sa licence. Si c'est le cas, l'entreprise pourrait être confrontée à de « grosses » répercussions financières, a indiqué le travailleur.


La formule des abonnements s’impose comme standard dans la filière du génie logiciel

Dans un communiqué mis à jour le 12 juillet 2022, Sage aborde le chemin de migration pour Sage 50 Accounts et Sage 50cloud Accounts v26.2 (publié en 2020) ou inférieur. Il s'agit de logiciels de comptabilité destinés aux entreprises comptant 100 employés ou moins. Sage fait valoir que, comme ces progiciels utilisent TLS 1.0 et 1.1 - des versions datées du protocole de sécurité - pour confirmer la conformité des licences, les clients devront migrer vers son modèle de licence par abonnement s'ils ont d'abord acheté une licence perpétuelle.

« D'ici au 30 septembre 2022, nous désactiverons TLS 1.0 et 1.1 pour nos services restants, Auto Update et Sage License Server, conformément aux dernières normes industrielles. « Une fois la désactivation effectuée, toute personne utilisant Sage 50 Accounts ou Sage 50cloud Accounts v26.2 ou moins ne pourra plus accéder à son logiciel. »

Sage avait ainsi mis en avant un motif technique pour forcer les utilisateurs à passer des licences perpétuelles à une formule d’abonnement questionnable en termes d’avantages pour les utilisateurs pour ce qui est des coûts. En effet, une licence perpétuelle peut coûter environ 790 $ alors qu'un abonnement à Sage 50cloud Professional coûte 176 $ par mois. Un abonnement à Sage 50cloud Standard coûte 787 $ par mois.

Tous calculs fait sur une année, c’est l’éditeur qui s’en met plein les poches. C’est en tout cas ce que confirme une étude selon laquelle le passage à la formule des abonnements vise une amélioration des revenus des entreprises. Néanmoins, le surcoût (dans certains cas) pour les utilisateurs s’accompagne d’une liste d’avantages mise en avant par les entreprises.

Et vous ?

Licence perpétuelle ou abonnement : de quel bord êtes-vous ? Pourquoi ?
Avez-vous utilisé une licence perpétuelle VMware ? Avez-vous l'intention de passer à l'abonnement ? Pourquoi ou pourquoi pas ?

Voir aussi :

Microsoft Office 2019 attendu pour le second trimestre 2018, avec peut-être moins de fonctionnalités qu'Office 365
La suite bureautique Microsoft Office est disponible en version d'évaluation sur le Windows Store, pour les machines tournant sur Windows 10 S
Microsoft confirme la fin du support d'Office 2011 pour Mac, et recommande à ses utilisateurs de migrer vers Office 2016 ou Office 365
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Avatar de earhater
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 13/09/2025 à 20:28
A titre personnel je suis content de cette situation VMWare, j'ai un paquet de missions pour migrer les charges de travail vers d'autres solutions j'ai du job pendant encore quelques années
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Avatar de DevTroglodyte
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 14/04/2026 à 11:13
Citation Envoyé par Nb Voir le message
Et je vais te dire, je connais meme plusieurs petites assos qui ont evoyé chié windows pour mac.
Ils ont échangé la peste pour le choléra, quoi...
5  1 
Avatar de Escapetiger
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 08/10/2026 à 14:40
Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
Que pensez-vous de l'exode des clients de VMware ?
C'est une lame de fond mondiale, en France le cabinet Haas Avocats a publié cet été un article à propos de PC Soft, citant VMWare, Oracle, extraits choisis :

Trois éditeurs différents, le même scénario en trois temps : on choisit un produit dont le client ne peut pas sortir, on le rachète, puis on le rend payant chaque année.

Le ressort commun, c’est la dépendance.

Les spécialistes parlent de sticky product, le « produit qui colle » : celui dont on ne peut pas se détacher parce que les données, les processus et les compétences des équipes y sont soudés.
Source: De PC SOFT à VMware : le rachat d'éditeurs logiciels qui annonce une vague de litiges | Haas Avocats
Gérard Haas 29/06/2026 09:57

Et cité dans l'infographie de l'article ci-dessus, Tribunal de commerce de Paris, ordonnance de référé du 19 juillet 2024 :

L’affaire Thales c/ VMware: quand le juge des référés rappelle aux éditeurs la force obligatoire des engagements contractuels! - BLIP!
TeamBLIP!
27 janvier 2026, temps de lecture 3 min

Par Nesrine Fellah, Juriste IP/IT et droit des affaires

Voir également :

Près de 75 % des utilisateurs d'Oracle Java ont fait l'objet d'un audit de conformité logicielle au cours des trois dernières années, les coûts élevés de licence les poussent vers les alternatives open source
Le 21 juillet 2025 à 17:39, par Mathis Lucas

PCSOFT : Un véritable suicide industriel en direct ou anatomie d'une chute, par Fodsy
Le 9 juin 2026 à 09:35, par Fodsy
4  0 
Avatar de jpouly
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 26/07/2025 à 21:40
Citation Envoyé par floyer Voir le message
L’abonnement, c’est le principe de la location. Donc oui, dès que tu arrêtes de payer, cela s’arrête. Mais normalement, le prix est bien inférieur à celui de la licence perpétuelle lorsqu’elle est proposée. Et de toute manière les choses sont claires. (La différence Office vs. Office365, ou ComposerCloud vs. chaque produit du catalogue EWQL)…

Là où c’est problématique est quand tu as le prix d’une licence perpétuelle, avec une durée de vie limitée sans que ce soit indiqué.

Ou quand le support de la licence perpétuelle disparaît de façon imprévue.
Le prix est bien inférieur ... ça dépend. Et si tu compte l'usage d'un logiciel sur 5 ans, c'est pas dit.

Exemple avec Office :
  • Office Famille et Petite Entreprise 2024 : 299 euros TTC en perpétuelle.
  • Microsoft 365 Apps for business : 9,80 euros HT soit 705,60 euros TTC sur 5 ans (9,8 * 12 * 5 * 1.2)


Et si le prix de l'abonnement augmente, là tu es carrément perdant.

Alors effectivement l'avantage d'Office 365, c'est les 1To de stockage sur le cloud. Mais est-ce que ça vaut 406 euros ?
Pour 399 euros, tu as 2 To à vie chez pCloud, donc ...

Et une fois que tu as acheté Office 2024, rien ne t’empêche de l'utiliser pendant 10 ans ou plus. Tant que ton OS est compatible .
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 10/04/2026 à 10:40
Broadcom voulait rentabiliser VMware à marche forcée : il a surtout offert 30 000 clients à Nutanix
Est-ce que les décideurs de microsoft seraient issus de VMare?

On pourrait le croire vu la politique suicidaire de microsoft avec win11
3  0 
Avatar de jpouly
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 26/07/2025 à 15:49
Citation Envoyé par Patrick Ruiz Voir le message
Licence perpétuelle ou abonnement : de quel bord êtes-vous ? Pourquoi ?
Le gros problème de l'abonnement, c'est que l'on ne procède plus la licence, donc plus aucun droit d'utilisation.
Juste le droit de payer. Et que se passe t'il si on ne paye plus ? Les éditeurs ne s'étendent pas sur le sujet.

Par contre, les clients d'Adobe eux s'en mordent encore les doigts. Des années de travail perdus !
Et ceux de Broadcom aussi, visiblement.

Donc les licences perpétuelles sont le seul choix possible.
A moins qu'il y ai une vrai raison de payer tous les mois pour avoir un logiciel à jour. Par exemple si la législation évolue tous les mois. Mais c'est des métiers/logiciels très spécifiques.

Un petit lien sur le sujet : https://www.captaincontrat.com/prote...ation-logiciel.

Citation Envoyé par Patrick Ruiz Voir le message
Avez-vous utilisé une licence perpétuelle VMware ? Avez-vous l'intention de passer à l'abonnement ? Pourquoi ou pourquoi pas ?
Non, on est passé à HyperV de M$ avec regret (à cause des mises à jour de Microbug).
2  0 
Avatar de jpouly
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 10/10/2026 à 12:10
Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
Quel est votre avis sur le sujet ?
En terme économique, on appel cela l'essorage : Ponctionner le client jusqu'à l’écœurement.

Ce que je ne comprend pas, c'est pourquoi les DSI ont accepté ça ? Ne plus être propriétaire de ces licences, mais juste des locataires !

Je pense qu'elles n'ont pas compris l'impact que cela a, en terme financier et juridique. Un manque de compétence flagrant.

Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
Que pensez-vous de l'exode des clients de VMware ?
C'est un juste retour de bâton.

Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
À terme, quel impact cette migration massive pourrait avoir sur Broadcom et VMware ?
La mort de VMWare

Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
Votre organisation utilise-t-elle VMware ? Si oui, partagez votre expérience depuis le rachat par Broadcom.
On est passé sur HyperV de M$.

Mais il y a d'autres alternatives comme ProxMox ou la solution de HP (que je ne connaissais pas ).

Citation Envoyé par Escapetiger Voir le message
C'est une lame de fond mondiale, en France le cabinet Haas Avocats a publié cet été un article à propos de PC Soft, citant VMWare, Oracle, ...
Merci pour l'info. Enfin des entreprises et des avocats qui prennent la chose au sérieux.
Je vais la partager avec mes collègues de la DSI pour leur faire comprendre. Enfin si ça rentre
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Avatar de smarties
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 28/07/2025 à 8:47
Pour Office, combien utilisent les nouvelles fonctionnalités proposées ? (en mettant de côté l'espace de stockage en ligne)
Pour Adobe, idem tout le monde n'a pas besoin de toutes les nouveautés. En plus je crois qu'il y a la suite Affinity qui propose des licences perpétuelles, Da Vinci pour la vidéo.

L'abonnement est intéressant pour quand le support est fournit (ERP, infogérance... et encore c'est différent, ...). La paie, les RH ou tout ce qui a teandance a changer chaque année.
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Avatar de floyer
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 13/09/2025 à 20:50
Citation Envoyé par earhater Voir le message
A titre personnel je suis content de cette situation VMWare, j'ai un paquet de missions pour migrer les charges de travail vers d'autres solutions j'ai du job pendant encore quelques années
Si tu obtiens pleins de grands groupes, il y a beaucoup à faire… je te souhaite beaucoup de succès. ! Des idées (Nutanix, Rancher+Kurbvurk…?)
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Avatar de Nb
Membre averti https://www.developpez.com
Le 13/04/2026 à 17:02
Citation Envoyé par calvaire Voir le message
tu as quitté Windows ? ton entreprise a quitté Windows ?
je suis au contact de pas mal de décideurs, je n'ai vu aucun mouvement de lancé de mon coté. En dehors de 2-3 marginaux en usage perso.
même le steam deck ou les linux gaming reste tres marginaux dans les parts de marchés.

Coté serveurs, rien de neuf sous le soleil, linux domine et ce depuis de nombreuses années déjà, je parle uniquement du desktop.
J'ai meme envie de dire que windows gagne certains marchés, celui des tablettes par exemple sous android/ipad sait complétement effondré au profit des tablettes pc sous windows.
Heu oui la structure ou je bosse presentement est en train de quitter windows. Ca va etre tres long ( car c est la force de microsoft de rendre les gens captifs) mais la machine est en route là où je bosse tout comme chez certains presta.
Et du coup c est aussi acté pour les services de l etat.
Et je vais te dire, je connais meme plusieurs petites assos qui ont evoyé chié windows pour mac.
Et parmi les decideurs que j entend, certes bcp n ont pas sauté le pas mais ils ont enfin compris pourquoi ca puait du cul d etre lié à microsoft ou google ou autre grosse boite americaine.
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