Sheetz a décidé de quitter VMware pour migrer ses 11 000 machines virtuelles réparties sur plus de 830 magasins vers StorMagic SvHCI. Ce choix a été motivé par d'importantes augmentations tarifaires, la disparition des licences perpétuelles et l'incertitude liée à la restructuration imposée par Broadcom après le rachat de VmWare.Les raisons spécifiques en lien avec les licences incluent :
- La disparition des licences perpétuelles : Broadcom a supprimé les licences perpétuelles de l'écosystème VMware pour imposer un modèle d'abonnement strict, obligeant les entreprises à payer régulièrement pour conserver leurs environnements.
- La politique de "VMware tax" et hausses de prix : Les nouvelles conditions de licences ont entraîné des augmentations de coûts très lourdes pour les entreprises. Maintenir des centaines de petits sites (les "edges") devenait financièrement déraisonnable.
- La forte hausse des exigences minimales : Le passage aux nouvelles gammes de licences—comme VMware Cloud Foundation (VCF) ou vSphere Enterprise Plus—impose des coûts de base et des minimums de souscription plus élevés, forçant les utilisateurs à payer pour des fonctionnalités avancées et complexes dont ils n'ont pas besoin pour des magasins de détail.
- L’absence de flexibilité pour les environnements distribués : Les nouvelles licences VMware n'étaient plus adaptées pour une gestion à l'échelle de l'entreprise sur des milliers de sites distants ("edge") qui nécessitent des solutions légères, nécessitant de faibles besoins en énergie et sans nécessiter de support technique physique sur chaque site.
Rappel du contexteSheetz Chooses StorMagic SvHCI to Replace VMware Across 830+ Retail Stores • @StorMagic • Disaster Recovery Journal https://t.co/WLyzaamN92
— DRJ (@drjournal) July 15, 2026
Broadcom a finalisé l'acquisition de VMware fin 2023 pour un montant de 69 milliards de dollars. Et presque immédiatement, le géant des semiconducteurs a déclenché une tempête de feu en apportant des changements majeurs au catalogue de produits de VMware, notamment en modifiant les licences logicielles et en mettant fin à certains produits.
Par exemple, l’entreprise a annoncé la fin des licences perpétuelles pour VMware et le passage aux souscriptions à des abonnements :
« Après la date de validité des licences perpétuelles, les clients ne pourront plus acheter de nouvelles. Ils pourront plutôt souscrire à des abonnements ou des licences à durée déterminée pour compléter ou remplacer leur base d'installation actuelle sous licence perpétuelle », indique Broadcom dans la note d’information relative au changement de formule.
« C'est le moment idéal pour les clients d'évaluer l'état actuel de leurs produits d'infrastructure et de gestion VMware. Nous les encourageons à revoir leur inventaire de licences perpétuelles, y compris les cycles d'actualisation et les dates de renouvellement, et à se familiariser avec les offres d'abonnement de VMware. Les clients peuvent également contacter leur représentant VMware ou partenaire pour plus d'informations », ajoute l’entreprise.
Ces modifications brutales ont impacté fortement les organisations, plusieurs clients ayant vu leurs coûts de licence multipliés par 12. Selon les acteurs européens du cloud, les « tactiques brutales » de Broadcom décimeront le marché indépendant de cloud computing de l'Europe.
Certains clients de VMware font face à des factures en hausse de 800 à 1 500 %
D'après l'ECCO, « Broadcom a résilié de façon unilatérale et sans préavis suffisant les accords de licence existants », dont certains étaient en place depuis plus de dix ans, afin de contraindre les clients qui les détenaient à accepter les nouvelles conditions. Broadcom a abandonné le programme de distribution de VMware pour les fournisseurs de services cloud (CSP) et n'a invité que les plus grands opérateurs à rejoindre son nouveau programme de partenariat.
L'ECCO souligne que les actions de Broadcom ont aggravé la situation des fournisseurs européens de cloud et de leurs clients, tant du secteur privé que du secteur public, qui dépendent du logiciel de virtualisation VMware. Broadcom a ensuite apporté des changements à son programme de partenariat, obligeant les partenaires à choisir entre être un fournisseur de services ou un revendeur, ignorant que beaucoup remplissent les deux rôles pour leurs clients.
L'ECCO estime qu'il s'agit là d'une nouvelle restriction nuisible à la capacité des fournisseurs européens de services cloud à être compétitifs et à servir les clients européens. En ce qui concerne les prix, l'ECCO rappelle qu'AT&T a déclaré en octobre 2024 que sa facture de services d'assistance VMware allait augmenter d'environ 1 050 %, bien que l'opérateur de télécommunications et Broadcom aient depuis entamé des pourparlers afin de régler le différend.
« Les membres du CISPE ont signalé à la Commission des hausses de prix allant de 800 % à 1 500 %. Les prix ont souvent été multipliés par dix », indique le rapport. Il ajoute que lorsque les clients acceptent des contrats fixes de trois ans, Broadcom propose des remises de 30 à 50 % sur la hausse des prix.
Le rapport mentionne les lettres de cessation et d'abstention que Broadcom a envoyées aux détenteurs de licences perpétuelles, leur ordonnant d'annuler les correctifs installés après la fin de leurs accords d'assistance. Il cite aussi une action en justice concernant les droits d'auteur et les licences intentée contre Siemens aux États-Unis, ce qui témoigne de « l'approche très litigieuse » adoptée par Broadcom à l'égard des entreprises et des clients finaux.
Les clients de VMware appellent d'ores et déjà à des mesures réglementaires contre Broadcom
« Broadcom ne montre aucun intérêt à trouver des solutions ou même à travailler avec les fournisseurs européens d'infrastructures cloud. Broadcom peut affirmer que la plupart d'entre eux ont signé de nouveaux contrats, mais nous savons que ces contrats sont punitifs et menacent la viabilité des fournisseurs de services enfermés dans l'écosystème VMware. Il est urgent d'agir », a déclaré le secrétaire général du CISPE, Francisco Mingorance.
L'ECCO estime que les conditions d'octroi de licences logicielles imposées par Broadcom restent injustes et anticoncurrentielles, et déclare qu'une « action réglementaire est nécessaire ». C'est ce que la CISPE a demandé à la Commission européenne d'envisager en mars 2024. Le rapport demande à Broadcom de rétablir des licences équitables pour les logiciels VMware destinés aux fournisseurs de services cloud, et appelle à des changements qui incluent :
- Broadcom doit garantir un préavis d'au moins six mois pour toute modification des conditions contractuelles, des structures tarifaires ou des conditions applicables aux renouvellements ;
- les frais pour les pics d'utilisation doivent être basés sur les prix convenus contractuellement, et les fournisseurs de services cloud ne doivent pas être pénalisés en cas de surutilisation ou de sous-utilisation ;
- Broadcom doit adopter des options de licence flexibles et adaptées au cloud computing, permettant des réductions de volume engagées, et mettre en œuvre des modèles de tarification alignés sur les réalités flexibles en matière de capacité et d'infrastructure ;
- Les fournisseurs de services cloud doivent continuer à être autorisés à agir simultanément en tant que revendeurs et fournisseurs de services, en particulier ceux qui fournissent des services hybrides tels que la colocalisation et l'informatique dématérialisée privée.
Il semble que l'association allemande des clients des technologies de l'information VOICE ait déjà déposé une plainte officielle contre Broadcom auprès de la Commission européenne à ce sujet. En réponse au dernier rapport publié par l'ECCO, un porte-parole de Broadcom a déclaré ce qui suit :
« En tant que partenaire stratégique de plus de 140 fournisseurs de services cloud européens, dont plus de 40 fournissent des services cloud souverains, Broadcom s'efforce de faire progresser les objectifs de l'Union européenne en matière de cloud souverain et de permettre aux entreprises de tous types d'accélérer l'innovation, d'offrir plus de choix et de relever leurs défis technologiques les plus complexes. Nous nous réjouissons de l'opportunité d'avoir un dialogue constructif avec le CISPE sur la façon dont nos produits peuvent aider leurs membres européens à être plus compétitifs et innovants. »
Selon l'ECCO, c'est le contraire qui est vrai. Il a ajouté que « les hausses de prix ont été absorbées en interne (au détriment de l'innovation) et en externe (au détriment des consommateurs) ». De nombreux clients de VMware envisagent une migration vers des solutions alternatives afin de rationaliser leurs opérations et réduire les coûts. Par exemple, certains clients se tournent vers des solutions open source comme OpenNebula pour remplacer VMware.
Source : Annonce officielle de Stormagic relayée par PRNewsWire
Et vous ?
Licence perpétuelle ou abonnement : de quel bord êtes-vous ?
Avez-vous déjà envisagé de changer de fournisseur de cloud en raison d’augmentations de prix ?
Comment les augmentations de prix de VMware ont-elles affecté votre budget informatique ? Avez-vous dû réduire d’autres dépenses pour compenser ?
Avez-vous remarqué des changements dans la qualité du service depuis l’acquisition par Broadcom ? Si oui, lesquels ?
Quels sont vos critères principaux en matière de sécurité et de conformité lorsque vous choisissez un fournisseur de cloud ?
Quels sont, selon vous, les avantages et les inconvénients des solutions open source par rapport aux solutions propriétaires comme VMware ?
Si vous envisagez de quitter VMware, quelles étapes avez-vous prises pour assurer une transition en douceur vers un nouveau fournisseur ?
Pensez-vous que les coûts supplémentaires de VMware sont justifiés par les fonctionnalités et les services offerts ? Pourquoi ou pourquoi pas ?
Comment les partenariats stratégiques de VMware avec d’autres entreprises influencent-ils votre décision de rester ou de partir ?
À votre avis, quelles seront les tendances majeures dans le domaine de la virtualisation et du cloud computing dans les prochaines années ?
Vous avez lu gratuitement 2 545 articles depuis plus d'un an.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.