Une enquête récente commandée par Rimini Street révèle que 90 % des utilisateurs de VMware examinent actuellement d'autres solutions. Cette tendance s'explique par les fortes hausses tarifaires et la fin des licences perpétuelles imposées par Broadcom depuis le rachat. De nombreux clients mécontents ont claqué la porte ces dernières années et ont rapporté des économies substantielles. La migration concerne parfois des dizaines de milliers de machines virtuelles. Elle pose néanmoins de sérieux défis, dont la complexité opérationnelle, les difficultés de gestion multifournisseurs et les exigences de compétences pour les équipes techniques.Rimini Street est une société de services de support informatique fondée pour perturber et redéfinir le modèle de support logiciel d'entreprise. Il se décrit comme un leader mondial du support logiciel d’entreprise tiers, des services gérés et des solutions ERP innovantes, dévoué à la réussite de ses clients. Fondé en 2005 par Seth Ravin, il compte plus de 5 600 clients dans le monde, incluant des entreprises du Fortune 500 et du secteur public.
Une enquête menée par Unisphere Research pour le compte de Rimini Street a révélé « une réévaluation majeure de la stratégie informatique chez les utilisateurs de VMware ». En raison de la hausse des prix de licence consécutive au rachat par Broadcom, 90 % des entreprises sondées étudient des solutions de virtualisation alternatives. L’étude a porté sur 269 cadres, responsables et professionnels au sein d'organisations qui utilisent VMware.
De plus, 54 % des répondants mettent en avant l'abandon des licences perpétuelles pour justifier cette démarche. Alors que certains clients constatent des hausses tarifaires allant de 100 % à 300 %, et jusqu'à 1 000 % dans des cas extrêmes, la réalisation d'économies est citée comme une priorité absolue par 73 % des entreprises. Cette conjoncture pousse également 66 % d'entre elles à utiliser ou à envisager des services de support tiers.
Par ailleurs, il convient de souligner que Rimini Street propose des services d’assistance tiers pour VMware et d’autres logiciels, notamment Oracle et SAP. Il a donc tout intérêt à présenter les utilisateurs de VMware comme confrontés à des obstacles. Cela dit, l’enquête a également été menée par le cabinet d’études indépendant Unisphere Research et ses résultats concordent avec d’autres rapports récents concernant les clients de VMware.
Les freins opérationnels et les risques liés à cette migration
La migration depuis VMware n'est pas de tout repos pour les clients qui s'y frottent. Bien que la volonté de changer de fournisseur soit forte, les études montrent que les entreprises se heurtent à plusieurs obstacles pratiques avant de pouvoir concrétiser leur transition. La complexité opérationnelle apparaît comme le frein principal pour 40 % des sondés, suivie de près par les défis liés à la gestion de fournisseurs multiples pour 38 % d'entre eux.
L'élargissement de la surface d'attaque informatique et les compétences requises au sein des équipes informatiques représentent également un obstacle pour 37 % des entreprises qui veulent migrer. Dans ce contexte, Rimini Street affirme que « les résultats de l'étude suggèrent que si les organisations cherchent activement à changer, elles recherchent également des moyens de réduire les risques et d'éviter les perturbations inutiles ».
Les enjeux de sécurité demeurent centraux, 77 % des responsables déclarant qu'ils valoriseraient une protection proactive en temps réel plutôt qu'un simple déploiement de correctifs. « C'est le principal défi qui maintient encore de nombreux clients dans l'écosystème VMware », a écrit un commentateur.
En outre, les personnes interrogées ont également souligné des obstacles pratiques lors de la révision de leurs plans d’infrastructure. La complexité opérationnelle a été citée par 40 % d’entre elles, tandis que 38 % ont mentionné la difficulté de gérer plusieurs fournisseurs. Par ailleurs, 37 % ont mis en avant à la fois les risques de sécurité liés à une surface d’attaque plus étendue et les compétences requises de la part des équipes informatiques.
Une orientation vers des stratégies hybrides et diversifiées
Le rachat de VMware par Broadcom a mis en lumière les défis sérieux liés à une dépendance excessive vis-à-vis d’un seul fournisseur. « De nombreux clients considèrent cela comme un signal d’alarme qui leur fait prendre conscience à quel point ils étaient devenus dépendants d’un seul fournisseur et cherchent désormais à diversifier davantage leurs environnements sur site », avait déclaré Tony Harvey, analyste et directeur senior chez Gartner.
Pour répondre à ces contraintes, la majorité des utilisateurs s'oriente vers des architectures plus souples et diversifiées. Selon l'étude de Rimini Street, environ 60 % des répondants envisagent une approche multihyperviseur, et 47 % préfèrent une configuration hybride associant hyperviseurs et conteneurs. En outre, 48 % des entreprises interrogées n'ont actuellement pas l'intention de migrer leurs ressources vers VMware Cloud Foundation.
Selon Keith Costello, de Rimini Street, « les organisations veulent plus de choix, de flexibilité et de contrôle sur leurs stratégies de virtualisation ». Gartner anticipe d'ailleurs que 55 % des entreprises effectueront des essais de preuves de concept pour remplacer leurs déploiements VMware d'ici 2029.
D'après Joe McKendrick, analyste chez Unisphere Research, « cette démarche reflète un effort plus large des entreprises pour réduire leur dépendance à l'égard d'un seul fournisseur, maintenir la continuité des systèmes critiques et se moderniser à un rythme adapté à leurs propres exigences professionnelles ». Broadcom reste passif et assume sa stratégie, mais à terme, l'exode des clients de VMware pourrait représenter des pertes colossales.
Un club réalise 85 % d'économie en abandonnant VMware
Le club de football de Premier League Tottenham Hotspur a récemment finalisé l'élimination progressive de l'infrastructure VMware au sein de son stade au profit de la solution de virtualisation Morpheus VM Essentials (VME) de Hewlett Packard Enterprise (HPE). Ce projet d'envergure, qui s'inscrit dans le cadre d'un renouvellement complet de ses centres de données, a permis au club londonien de réaliser des économies sur ses coûts de licence.
Le directeur de la technologie (CTO) du club, Rob Pickering, a confirmé que cette migration a permis de réduire les frais de licence de virtualisation de plus de 85 %. Bien que le montant exact des dépenses antérieures n'ait pas été divulgué, Rob Pickering a qualifié ces économies de « montant significatif ».
Cette décision stratégique s'explique par les bouleversements survenus après le rachat de VMware par Broadcom. Selon Rob Pickering, « les problèmes liés au rachat de VMware par Broadcom sont bien connus, tant en matière de changements commerciaux dans leur structure que dans leur manière d’interagir avec les clients ». En outre, le directeur technique du club a souligné un changement d'attitude de la part du géant de la virtualisation.
Selon lui, l'hyperviseur a longtemps été un outil informatique standard et peu visible que l'on achetait pour ensuite l'oublier, mais que VMware, agissant comme « un gorille de 180 kg dans cet espace », a pris des décisions qui allaient à l'encontre des intérêts des intégrateurs système et des clients. En comparaison, Tottenham a trouvé la solution d'HPE techniquement supérieure. Le club trouve ainsi Morpheus VME plus performant que VMware.
Un mouvement de fond sur le marché de la virtualisation
L'opérateur de téléphonie mobile T-Mobile a intenté une action en justice contre Broadcom devant la Cour suprême de l'État de New York en août 2025 pour contraindre l'entreprise à maintenir le support technique de ses licences perpétuelles VMware. Dans sa plainte, l'entreprise de télécommunications indique disposer de dizaines de milliers de machines virtuelles utilisant le logiciel VMware, réparties sur environ 303 140 cœurs de processeur.
Elle précise également qu’elle était en train de migrer hors de l’environnement VMware, mais souligne les défis techniques et le temps nécessaire à la migration de plus de 1 000 applications. L'entreprise doit gérer la délicate migration de plus de 1 000 services et application vers des alternatives à VMware.
Cette affaire n'est pas un cas isolé. Ce litige s'inscrit dans un contexte de mécontentement généralisé parmi les clients et partenaires de VMware depuis son rachat par Broadcom. Bien que des concurrents comme Hewlett Packard Enterprise et Nutanix tentent d'attirer ces utilisateurs insatisfaits avec de nouvelles offres, Broadcom maintient sa stratégie et affiche de solides résultats financiers, particulièrement auprès des grandes entreprises.
Le géant britannique de la grande distribution Tesco a également annoncé des plans de migration pour abandonner pas moins de 40 000 licences VMware. Pour capter ces clients en transition, HPE avait d'ailleurs proposé durant l'été de nouvelles incitations financières, notamment une année gratuite de licences Morpheus VME, bien qu'il ne soit pas précisé si Tottenham a directement bénéficié de ces offres promotionnelles spécifiques attirantes.
La chaîne américaine de supérettes Sheetz quitte également VMware et migre ses 11 000 machines virtuelles réparties sur plus de 830 magasins vers StorMagic SvHCI. Par ailleurs, Broadcom est impliqué dans d'autres batailles juridiques avec de gros clients, ayant conclu un accord avec AT&T et accusé Siemens de piratage de logiciels dans une affaire en cours. Des groupes de défense appellent à des mesures réglementaires contre Broadcom.
Source : Rimini Street
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